La fonction publique une nouvelle fois dans la rue

Les neuf syndicats représentatifs des fonctionnaires appellent à la grève et à la manifestation ce mardi. Plus de 130 défilés sont prévus dans tout le pays. C’est la troisième journée de mobilisation organisée par les syndicats depuis octobre dernier, trois fois en huit mois pour dénoncer la politique de réduction des coûts menée par le gouvernement français.

Les syndicats reprochent au gouvernement son « approche budgétaire », qui ne tiendrait pas compte de la mission de service public des plus de cinq millions de fonctionnaires.

Ils dénoncent ainsi la suppression programmée de 120 000 postes et le gel du point d’indice, en clair du salaire des fonctionnaires.  « Pour le budget 2019, je pense que ça sera « circulez, il n’y a rien à voir « , explique Denis Turbet-Delof, délégué général de Solidaires Fonction publiques. Dans l’objectif du gouvernement, cela va même au-delà, on a un peu l’impression que le gouvernement considère que ce n’est plus une valeur de référence et qu’il faut maintenant travailler sur l’individuation des rémunérations et donc de mettre en compétition les agents les uns contre les autres. »

« Depuis un an, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, nous sommes dans une politique qui est très comptable pour la fonction publique, renchérit Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU.. Il nous parle de suppression d’emploi, de réduction des périmètres d’action de la fonction publique, il nous parle de contractualisation et, à chaque fois qu’il nous met ses projets sur la table, c’est pour nous expliquer qu’il faut réduire les coûts budgétaires. »

Se faire entendre par la rue

Autre sujet d’inquiétude, le recours à des prestataires extérieurs, qui ne sont pas des fonctionnaires. Ces contractuels représentent déjà plus d’un agent sur cinq dans la fonction publique, et le gouvernement veut élargir cette part. « Nous sommes en France avec une fonction publique statutaire, avec un recrutement sur concours qui permet de préserver la qualité des agents, rappelle Luc Farré, secrétaire général de l’UNSA Fonction publique. Cela pose un deuxième problème, sur l’indépendance de la fonction publique par rapport aux intérêts du privé et au pouvoir politique des élus. »

Les syndicats affirment que leurs propositions ne sont jamais prises en compte par le gouvernement, c’est la raison de leur appel à la manifestation. « Le gouvernement fait un monologue de sourd plutôt qu’un réel dialogue social. A chaque fois que nous disons nos désaccords, le gouvernement nous ressort ses mêmes projets dans les mêmes termes. Donc il n’entend pas ce que nous disons », conclut Bernadette Groison.

Photo : REUTERS – Regis Duvignau
Article tiré de RFI  le 22 mai 2018

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