Parcoursup – Gare de triage pour 31 937 candidats d’Aix-Marseille

C’est à partir de ce soir que Parcoursup, la nouvelle plateforme d’entrée dans les études supérieures délivrera ses premières propositions d’affectation aux futurs bacheliers. La plateforme est le premier étage de la sélection mise en place par le gouvernement.

Le verdict ne va pas tarder à tomber. Ce soir à partir de 18h, Maxime, élève de terminale scientifique saura s’il peut ou pas intégrer la filière de son choix. Comme les 31 937 candidats de l’académie d’Aix-Marseille, il se connectera sur Parcoursup, où la nouvelle plateforme d’admission post-bac délivra ses premières réponses aux futurs bacheliers. L’heure de vérité pour ce système qui a été mis en place dans la précipitation, après les ratés d’APB. La plateforme destinée à mettre fin au tirage au sort est au cœur de la nouvelle loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), qui suscite contestations et blocages des universités. Parmi les 10 choix formulés par les lycéens, les réponses pourront varier dans des filières sélectives par « oui », « non » ou « en attente ».

Quel sort sera réservé aux candidats en attente ?

Et c’est là que les choses commencent à se compliquer pour cet élève plutôt brillant, qui se destine à intégrer une classe préparatoire. « Tout au long de l’année, les profs nous ont préparés psychologiquement en nous expliquant qu’il ne fallait pas s’attendre à n’avoir que des oui » .
Au lycée Artaud, où Maxime est scolarisé depuis la classe de seconde, les enseignants ont mis au point des fiches pour que les élèves s’approprient la procédure et répondent correctement aux critères demandés.
Les réponses ne seront pas toutes connues ce soir, et pour les « en attente », les futurs bacheliers pourraient même patienter jusqu’à la date du baccalauréat. « Nos profs nous ont conseillé de consulter Parcoursup et nos mails au moins trois fois par jour », explique Maxime.
A la différence d’APB, Parcoursup repose sur un algorithme qui classe les élèves en fonction de leurs résultats scolaires et tient compte de l’avis du conseil de classe. La réforme a introduit des règles, où une « sélection » inédite s’opère à l’entrée des licences universitaires, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Dans le dossier du futur bachelier, lettre de motivation et parcours personnel de l’élève pourraient servir à trier des candidats. « Une chose est sûre, les premiers de la classe seront les premiers servis », assure Maxime, qui espère intégrer une classe prépa, ou à défaut une licence.

Prime aux bons élèves

Les élèves qui se classent dans la « moyenne », qui ont des parcours scolaires chaotiques pourraient être les grands perdants de cette sélection.
Le risque est que des lycéens soient orientés vers des filières qu’ils n’ont pas choisies. « Pour le moment, les lycéens sont plongés dans leurs révisions et ils encaissent », assure le lycéen marseillais qui est aussi responsable de l’Union nationale lycéenne (UNL-SD). Contrairement aux étudiants, alors qu’ils sont les premiers concernés, les lycéens s’étaient peu mobilisés. Comment expliquer cette absence ? Le gouvernement Macron a mis en place une stratégie bien huilée, qui a pris tout le monde par surprise. « Vouloir mettre fin au tirage au sort partait d’une bonne intention, mais derrière tout cela, le gouvernement en a profité pour réformer le lycée, instaurer du contrôle continu, ce qui contribue à renforcer les inégalités d’un lycée à l’autre », développe le lycéen.

Les recalés pourront saisir une commission académique

Maxime fréquente un lycée où toutes les classes sociales se mélangent. Cette mixité permet de tirer les élèves vers le haut. Ce qui n’est pas le cas de tous les établissements des Bouches-du-Rhône. Quel sort sera réservé aux lycéens de l’éducation prioritaire : dont le bagage social et l’expérience personnelle et professionnelle ne correspondent pas aux attendus de Parcoursup ?
Alors que les autorités assurent que chaque bachelier désirant faire de études aura une place à la rentrée 2018, l’Unef syndicat étudiant et le Snesup-FSU, pour les personnels de l’université ont dénoncé le décalage qu’il pouvait y avoir entre le discours du gouvernement et la réalité, à savoir « une sélection à l’entrée à l’université ». Avec Parcoursup le gouvernement a fait le choix d’adapter le nombre d’étudiants au nombre de places en instaurant une sélection qui ne dit pas son nom. Ce ne sont plus les lycéens qui choisissent leur formation, mais bien les formations qui choisissent leurs lycéens.
Mercredi, l’académie d’Aix-Marseille mettra en place au rectorat une commission académique d’accès à l’enseignement supérieur (CAAES). Pilotée par le recteur Bernard Beignier, elle est chargée de trouver des solutions aux candidats n’ayant pas reçu de propositions d’admission. Cela concernera en particulier les candidats sans réponse favorable ayant formulé des vœux uniquement dans des filières sélectives.
Dans l’académie, 67% des vœux exprimés sur Parcousup concernent des filières sélectives.

Photo : Catherine Walgenwitz
Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise  le 22 mai 2018

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