Motion de censure en Espagne – Le gouvernement de Mariano Rajoy menacé

L’Espagne s’apprête à vivre pendant deux jours un intense débat qui peut signer la fin du Parti populaire (PP) du conservateur Mariano Rajoy, qui dirige en minorité le pays. Ce 31 mai, le leader socialiste Pedro Sanchez va officiellement déposer une motion de censure contre son gouvernement, dont on connaîtra l’issue le lendemain.

L’heure est grave pour Mariano Rajoy. Au pouvoir depuis 2011, le chef du gouvernement espagnol pourrait bien devoir faire ses valises à l’occasion d’une motion de défiance annoncée suite à une affaire de corruption qui touche sa formation, le Parti populaire (PP), de droite.Dans un verdict historique, le tribunal de l’Audiencia nacional, à compétence nationale, a en effet condamné il y a une semaine 27 ex-dirigeants du PP pour corruption dans ce scandale connu en Espagne sous le nom de « Gürtel ».

En 2016, le parti Podemos avait déjà tenté une motion de censure contre le gouvernement espagnol, également pour des motifs de corruption. Cette fois, la situation est beaucoup grave : la justice a qualifié le PP de « système de corruption institutionnalisée ». Elle a aussi mis en cause la crédibilité du Premier espagnol lorsqu’il a tenté de couvrir sa formation, notamment son ancien trésorier, Francisco Correa, condamné à 31 ans de prison.

Alliances politiques ?

Pour toutes ces raisons, sur l’échiquier politique, beaucoup de forces parlementaires veuillent appuyer la motion de censure : le parti Podemos, les nationalistes basques et catalans mais aussi aussi les libéraux du mouvement Ciudadanos.

D’un point de vue arithmétique, cette tentative du socialiste Pedro Sanchez, dont le parti va déposer officiellement la motion de censure ce 31 mai, peut réussir. Sauf que les partis qui pourraient le soutenir ne s’entendent pas. A commencer par Ciudadanos, très espagnoliste, qui n’envisage pas de se rapprocher des séparatistes catalans, leur grand ennemi politique.

Si des obstacles existent pour cette motion de censure, Mariano Rajoy ne peut s’empêcher de craindre que ses dernières heures à la tête du gouvernement espagnol ne soient arrivées.

Photo Reuters/Stringer
François Musseau, correspondant à Madrid
Article tiré de RFI . le 30 mai 2018

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