Les principales mesures du plan pour l’intégration des étrangers

A la veille de l’examen de la très controversée loi asile-immigration au Sénat, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce mardi sa feuille de route pour l’intégration des étrangers en France.

La réforme de la politique d’intégration dont Edouard Philippe a présenté ce mardi 5 juin la feuille de route est censée constituer le versant « humaniste » d’une politique qui se veut intraitable contre l’immigration irrégulière. « La qualité de notre politique d’intégration est au coeur de l’équilibre général de notre politique d’immigration et d’asile », a affirmé le Premier ministre à l’issue du premier Comité interministériel à l’intégration.

Ce plan s’inspire du rapport remis en février dernier par le député LREM Aurélien Taché. Il listait 72 propositions ambitieuses pour un coût évalué à 607 millions d’euros. Edouard Philippe, lui, n’a pas avancé de chiffres. Mais selon différentes sources de l’AFP, il pourrait se situer entre 100 et 200 millions d’euros par an.

Doublement des heures de français

La principale mesure annoncée par le gouvernement est le doublement des heures dédiées à l’apprentissage du français : 400 heures, voire 600, pour les personnes ne sachant ni lire ni écrire. Quelque 55 000 personnes étaient en formation linguistique en 2017 et le programme de 600 heures pourraient concerner environ 3 500 personnes, selon des chiffres de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).

Le doublement des heures de formation civique (elle passera de 12 à 24 heures), la garde d’enfants pour les jeunes parents pendant les cours de langue, l’attribution d’un « pass culture » pour les jeunes sont d’autres mesures annoncées.

Mais c’est surtout l’accès à l’emploi des personnes immigrées que le gouvernement souhaite améliorer. Car dans ce domaine, la France est à la traîne. Selon l’OCDE, seul un tiers des immigrés arrivés il y a moins de cinq ans ont trouvé du travail. Pour inverser la tendance, plusieurs pistes sont avancées, parmi lesquelles l’amélioration de l’accompagnement des primo-arrivants et le développement des formations en apprentissage chez les jeunes.

Le logement, grand oublié

Le logement est en revanche le grand oublié du plan présenté cet après-midi, malgré la difficulté que les réfugiés rencontrent pour y accéder. « C’est indispensable » pour que ces personnes « ne perdent pas toute perspective d’intégration », a pourtant souligné Edouard Philippe. Dans son rapport, le député Aurélien Taché préconisait notamment des subventions pour les communes ouvrant des logements à destination des réfugiés ou des réductions d’impôts pour les citoyens abritant des étrangers. Des recommandations qui n’ont donc pas été entendues par le gouvernement.

Il n’est pas à la hauteur des enjeux d’intégration des personnes. Un plan de route «a minima» selon la Cimade, Jean-Claude Mas, secrétaire général de l’association.
Photo Pool via Reuters/François Mori
Article tiré de RFI . le 5 juin 2018
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