G7 – Trump fait parler la force des armes et le dollar

Le sommet du G7 – les sept pays les plus industrialisés – qui vient de se tenir à La Malbaie, au Québec s’est achevé dans la confusion. Et dans une confrontation confirmée entre les Etats-Unis et les six autres pays sur les dossiers du commerce, du climat, de la politique étrangère et de la réintégration ou non de la Russie dans le groupe.

Le sommet était annoncé comme « glacial et tendu ». Mais on allait voir ce qu’on allait voir et ramener à la raison celui que le président français caressait tendrement, il y a peu encore. Un Macron qui ne se prend pas pour de l’eau de bidet, monté sur la barricade de la prétendue contestation comme le nouvel héros de l’Europe et dont toutes les déclarations sirupeuses ont été démenties le temps d’un tweet trumpien. Croquignolesque.

Les déclarations tonitruantes des uns et des autres sur le « chantage » aux taxes ou encore sur la Russie n’ont pas ému outre mesure Trump pour qui« Tout cela en touche une sans faire bouger l’autre », selon la célèbre formule de Jacques Chirac.

La supériorité militaire

Sans attendre la fin du sommet, Trump a laissé tout ce joli monde rechercher le plus bas dénominateur commun pour se rendre à Singapour où il rencontrera ce mardi le nord-coréen Kim Jong-un. Il aurait pu rester un peu plus longtemps au Canada mais « il a plus sérieux à faire », assurait élégamment un proche de la Maison Blanche.

Avant de quitter le Canada, Trump a répété que les Etats-Unis avaient été «  exploités pendant des décennies » et a laissé ses conseillers adopter un texte qui accouchait d’un simple « formatage de dialogue ». Le pire avait été évité lorsque Trump depuis son avion a retiré sa signature.

Tout ça pour ça. On comprend l’état de ceux qui ont survécu au calvaire de Charlevoix. Ils ont repris le chemin du retour avec l’enthousiasme d’un convoi funéraire.

En vérité, ce qui s’est passé à Charlevoix est une illustration d’une nouvelle séquence des contradictions inter-impérialistes. Dans les relations internationales, il y a les dominants et les dominés. Et les dominants sont les Etats-Unis disposant d’une carte-maîtresse : la supériorité militaire et le dollar. En clair, pour Trump, il s’agit non seulement d’assurer la domination états-unienne mais aussi l’écrasement des compétiteurs potentiels.

« L’Amérique d’abord » reste plus que jamais la règle de Trump. La « réorganisation » à la sauce yankee vise à l’hégémonie états-unienne sur une grande partie du monde.

Pour en arriver là, Trump mise sur le fait que les Européens ont traditionnellement accepté la subordination. Ainsi pourrait se structurer un nouveau chantier des relations internationales reléguant l’Europe à une zone de seconde classe et ouvrant une nouvelle voie avec la Russie et la Chine. L’Europe serait perdante sur tous les tableaux.

Rejetée par ceux qui souffrent de la politique d’austérité à tous crins, marginalisée par Trump, distanciée par la Russie et testée par la Chine, l’Europe doit se reconstruire sur d’autres bases que la recherche du profit et de l’ignorance des aspirations des peuples.

Lendemains inquiétants

L’imprévisible Trump est capable du pire. Les gouvernants européens aussi. De quoi ravir Poutine actuellement réuni avec ses homologues chinois et iranien lors de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération de Shanghai. Le président russe a ironisé sur « le babillage inventif » des pays membres du G7 les invitant à « une vraie coopération. »

Une chose est sûre : le fiasco de La Malbaie au Quebec confirme l’effritement du vieux monde pouvant déboucher sur des événements plus graves.

Car il arrive dans un contexte d’une tension militaire extrême, au Moyen-Orient bien sûr où les dirigeants israéliens rêvent d’en découdre avec certains de ses voisins iraniens,syriens ou libanais. Mais aussi en Europe du coté de l’Ukraine, en Afrique du nord ou la guerre fait rage du coté de la Libye , au Mali et plus au sud aussi.

Le temps est venu d’inventer de nouvelles relations internationales rejetant les diktats et les folies, repoussant la main mise de la finance, favorisant la vraie diplomatie et pas celle de l’esbroufe.

Photo : AFP
José Fort
Article tiré de la Marseillaise  le 11 juin 2018

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s