L’ONU alerte sur les nombreux cas de malnutrition aiguë autour du lac Tchad

Un demi-million d’enfants de moins de cinq ans ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence et de soins médicaux appropriés autour du lac Tchad. L’ONU a lancé un véritable cri d’alarme. Une malnutrition aiguë sévère qui pourrait être encore renforcée par la saison des pluies et les combats qui se poursuivent entre l’armée nigériane et les différentes factions de Boko Haram.

Les responsables de l’aide dans les pays bordant le lac – Nigeria, Niger, Tchad et Cameroun – ont déclaré lors d’une conférence de presse à Genève que moins d’un tiers des 1,5 milliard de dollars nécessaires pour cette année avaient été récoltés.

« La plupart des difficultés que nous voyons aujourd’hui sont dues au manque d’investissements, de développement et à la pauvreté, souligne Samantha Newport, porte-parole du bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies à Abuja. Et cette situation a été exacerbée par le changement climatique et d’autres facteurs endogènes. »

Malnutrition aiguë sévère

La responsable de l’ONU explique que « pour le moment, nous sommes en train de nous concentrer sur ce demi-million d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition aiguë sévère ». Samantha Newport insiste sur le terme, car la « malnutrition aiguë » implique un état d’extrême urgence et des traitements intensifs.

« Cela signifie que ces enfants doivent être soignés au plus vite, mais cela veut aussi dire que nous devons vraiment essayer de comprendre comment améliorer la nutrition des enfants en général. Car à partir du moment où on en vient à de la malnutrition sévère aiguë, cela demande un traitement intensif pour les ramener à un stade de malnutrition moins critique. Nous devons aussi trouver une solution au long terme pour tous ces enfants afin d’améliorer leur situation. »

Déplacements de population

La porte-parole du bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies à Abuja explique que la situation est à un tel niveau de gravité en raison, notamment, des opérations militaires qui se poursuivent à cause de la menace terroriste. Des opérations qui provoquent généralement des mouvements de population.

« La situation est extrêmement critique aujourd’hui au Nord-Est du Nigeria par exemple, parce que contrairement à leur habitude, les militaires cette année n’ont pas mis un terme à leur opération contre les groupes armés pendant la saison des pluies, qui commence en juin. Ils ont poursuivi leurs actions et devraient continuer pendant la durée de la saison des pluies. En général, ces opérations provoquent des mouvements de population. Quand les gens se déplacent de l’endroit où ils vivent, ils ont plus encore de besoins humanitaires. »

Photo : AFP – Sia Kambou
Article tiré de RFI  le 11 juin 2018

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