Prestations sociales – Le gouvernement prépare ses mauvais coups pour cet été

La mal-nommée ministre « des solidarités et de la santé » estime que « toutes les allocations peuvent être discutées » à l’aune de leur « efficacité ». L’objectif du gouvernement est de réduire de 3,6 points de PIB la dépense publique en s’attaquant au système redistributif et aux services publics. Par tactique, les mauvais coups devraient être annoncés début juillet.

Cela a tout l’air d’une opération déminage en direction de l’opinion publique alors qu’Emmanuel Macron apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : le président des riches.

La ministre Agnès Buzin dément dans les colonnes du Journal du Dimanche (JDD) l’objectif d’économies sur les prestations sociales -qui représentent 700 milliards d’euros par an (retraite, maladie et allocations familiales inclues).

A la question, « Bercy vous a demandé de réaliser 7 milliards d’économies ? » elle réplique, sans ciller, n’avoir « jamais eu la moindre demande en ce sens ». Sauf que dans le même temps, elle s’inscrit dans la logique austéritaire et libérale impulsée par Emmanuel Macron: réduire d’ici 2022 de 3,6 point de PIB la dépense publique. « Soit l’addition des crédits de l’Éducation nationale , de la police et de la justice », a calculé l’hebdomadaire Marianne.

L’allocation spécifique de solidarité menacée

Agnès Buzin estime, dans ce contexte, que « nous sommes en droit d’interroger » l’efficacité des « aides sociales en matière de lutte contre la pauvreté qui avoisinent 50 milliards d’euros ». Précisant qu’ « en aucun cas, nous ne remettons en cause leur bien fondé. Il n’est pas question de faire des économies sur le dos des pauvres ». Sauf que « les pauvres » ont déjà subi les mauvais coups du gouvernement avec notamment la baisse des allocations logement et que plusieurs ballons d’essai ont été depuis envoyés par le gouvernement.

Interrogé à nouveau par le JDD sur la possible suppression de l’allocation spécifique de solidarité -versée aux privés d’emploi en fin de droits-, la ministre est plus qu’ambiguë: « Toutes les allocations peuvent être discutées. La façon dont elles sont attribuées…leur efficacité. On a le droit de réinterroger un dispositif s’il ne produit pas les résultats attendus ».

Idem sur la prime d’activité versé aux salariés pauvres (1,3 smic) qui permet aux entreprises de ne pas augmenter les salaires. « La remettre en cause n’a jamais été discuté. Elle est utile (..) On peut en revanche interroger sa construction et ses bénéficiaires ». 2,6 millions de foyers sont concernés par cette prime dans le collimateur du gouvernement qui veut faire entre 500 millions et 1 milliard d’économies…sur de dos des pauvres donc.

Autre volet de cette offensive : le travail du comité action publique 2022 chargé de proposer des économies drastiques. Ses conclusions, qui devaient être présentées aujourd’hui, sont repoussées à début juillet.

Photo AFP
Françoise Verna
Article tiré de la Marseillaise  le 11 juin 2018

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