Le nombre de mineurs isolés explose

Le Conseil économique, social et environnemental pointe la situation alarmante de la Protection de l’enfance. Une compétence relevant des Départements, confrontés à la question des mineurs non-accompagnés.

Face à l’ampleur de la problématique des mineurs isolés, les Départements ne peuvent pas être laissés seuls », explique d’emblée Valérie Marque, responsable CGT Action sociale à Marseille. Et pourtant… Sur cette question, comme sur tant d’autres, le désengagement de l’État fait des ravages.

C’est en substance ce que pointent les conclusions du Conseil économique, social et environnemental (Cese) qui estime qu’il « y a urgence à agir » pour la protection de l’enfance. Il dresse un état des lieux alarmant : les jeunes relevant de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) « ne sont pas visibles dans l’agenda politique » et évoque une politique publique « en danger », ainsi que d’« effroyables conséquences à long terme ».

Difficultés de mise à l’abri

La crise migratoire n’est pas étrangère à cet état des lieux. Le Cese indique en effet que les mineurs non-accompagnés, pour l’essentiel des enfants migrants, « a conduit la grande majorité des territoires à rencontrer de réelles difficultés pour répondre au besoin de mise à l’abri ». Un phénomène qui, selon Valérie Marque, ne va pas en s’atténuant au regard du nombre croissant de « ceux qui fuient la misère, les dictatures, les guerres, les dérèglements climatiques ». Et, faute de réponse institutionnelle, lorsqu’ils parviennent à rejoindre la France au terme de périples chaotiques (lire reportage ci-contre), ils se heurtent souvent à des conditions dramatiques en termes d’hébergement et d’accompagnement.

Si elle reconnaît que certaines mesures sont mises en place dans le département des Bouches-du-Rhône, notamment l’assouplissement des critères pour l’agrément des familles d’accueil, elle regrette en revanche que cette question soit « gérée uniquement dans l’urgence, à la petite semaine ». Elle préconise à l’inverse de la traiter en amont, à travers une meilleure coordination des acteurs concernés, à l’échelon local et hexagonal.

Valérie Marque plaide ainsi pour la tenue d’une table ronde et la création d’une plateforme départementale car, insiste-t-elle, les associations, fortes de leur expérience de terrain, « ont des propositions à faire ».

Pour ce qui est de l’hébergement, elle prône « la réquisition de locaux appartenant à l’État ». « Des représentants de l’éducation nationale indiquent que certains internats ne sont pas saturés ». Avant d’avancer l’idée « d’un protocole avec l’Education nationale » qui favoriserait en outre la scolarisation.

Mais, surtout, il est essentiel à son sens que « l’Etat mette de l’argent sur la table » : « On ne peut pas imaginer la protection de l’enfance décentralisée sans renfort financier. Car en trente ans, je n’ai jamais connu une telle situation avec l’augmentation de la précarité et de la détresse psychologique ».

l * Le Département des Bouches-du-Rhône n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.

Article tiré de la Marseillaise  le 15 juin 2018

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