Accueil des migrants – La France hors-la-loi !

La France ne respecte pas la loi concernant l’accueil des migrants. C’est le constat de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, rendu public mardi. Alors que se tient aujourd’hui la Journée mondiale des réfugiés, Emmanuel Macron appelle avec Angela Merkel à une « réponse européenne » face à ce qu’ils nomment « le défi migratoire ».

Aujourd’hui a lieu la journée mondiale des réfugiés. Le 20 juin, en référence à la date où a été adoptée la Convention de 1951. L’occasion de rappeler que les réfugiés ont un statut qui les protègent. Un rappel opportun à l’heure où les gouvernements européens jouent de la confusion entre migrants et réfugiés pour ne pas accueillir ces derniers. C’est aussi l’opportunité de lancer un message pour le secrétaire général des Nations Unies. « Nous devons tous réfléchir à ce que nous pouvons faire pour aider ces personnes. Pour commencer, nous devons faire preuve d’unité et de solidarité », a notamment dit Antonio Guterres. Et de se dire « profondément préoccupé de voir que de plus en plus souvent, les réfugiés ne bénéficient pas de la protection dont ils ont besoin et à laquelle ils ont droit ».

Un commentaire qui s’applique particulièrement à la France. Hier, Emmanuel Macron a en effet été épinglé par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH). Elle se dit « profondément choquée par les violations des droits des personnes migrantes », à la frontière franco-italienne. Des violations constatées lors de deux missions d’observation dans les Hautes-Alpes et dans les Alpes-Maritimes. Elle estime que « la République bafoue les droits fondamentaux » et « renonce au principe d’humanité et se rend même complice de parcours mortels ». Elle cible clairement « une volonté politique de bloquer les frontières au détriment du respect du droit à la vie et à l’intégrité physique ».

Sous Emmanuel Macron, « la République française ne respecte pas plusieurs garanties légales ». Pas d’entretien approfondi ou de délai d’un jour franc avant un éloignement. Des formulaires remplis par « des escadrons de CRS qui travaillent en soutien de la PAF ». Sans oublier les lieux où sont gardés les migrants avant leur reconduite à la frontière : « rudimentaire » au Montgenève, « indigne » à Menton Port Saint-Louis. Pas de lit ni de point d’eau, toilette à la turque sans verrou ou en extérieur et sous la neige, aucun budget pour les repas…

L’État doit « sortir du déni et modifier radicalement sa politique responsable de la mise en danger d’êtres humains inacceptables dans notre République » exige la commission. Une formule qui n’est pas que théorique. Au moins 16 migrants sont morts en France entre septembre 2016 et janvier 2018.

Photo : AFP
Angélique Schaller
Article tiré de la Marseillaise  le 20 juin 2018

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