Après huit années d’austérité, la Grèce sauvée mais endettée et appauvrie

Après trois programmes d’aide financière versés par les Européens et le Fonds monétaire international, la Grèce voit, ce 21 juin au soir, la lumière au bout du tunnel. Les 28 ministres des Finances de la zone euro, réunis à Luxembourg avec la patronne du FMI, Christine Lagarde, ont décidé de la sortie de la Grèce du dernier plan d’aide en cours et donc de la quasi-tutelle de ses créanciers, Une sortie rendue possible – selon eux – par le fait que la Grèce a renoué avec la croissance et affiche même désormais un excédent budgétaire.

« La crise grecque s’achève ici, cette nuit. C’est un moment historique », s’est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Les ministres des Finances de la zone euro ont avalisé un versement de quinze milliards d’euros à la Grèce qui marque la fin d’une longue série. Il s’agit du dernier des versements accordés à la Grèce depuis mai 2010, date du premier des trois plans d’aide financière consécutifs.

273 milliards d’euros

Ils auront vu l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) décaisser au total 273 milliards d’euros. En s’accordant sur ce dernier versement, les ministres des Finances de la zone euro avalisent la sortie très attendue de la Grèce des programmes d’aide financière.

Le 20 août prochain la Grèce sortira enfin de la tutelle financière liée à ces programmes puisqu’elle a dû en contrepartie des aides mener de profondes réformes sur par exemple la TVA, les retraites ou le salaire des fonctionnaires. Face au niveau astronomique de la dette publique, à 178% du PIB, des mesures d’allègement de la dette ont aussi été décrétées avec un allongement de dix ans de la durée des prêts et des délais de remboursement des intérêts.

Surveillance

Sous la pression des Allemands, certaines mesures d’allègement de la dette resteront cependant encore conditionnées à la poursuite des dernières réformes, dont certaines s’étendront sur plusieurs mois. Athènes sera d’ailleurs dès sa sortie du troisième programme d’aide en août, et jusqu’en 2022, sous le coup d’une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l’Irlande. « Ce cadre de surveillance post-programme renforcé était nécessaire, mais il n’y aura en aucun cas de programme déguisé », a insisté Pierre Moscovici. « Je rends hommage au peuple grec pour sa résilience et son engagement. Ses efforts n’ont pas été vains », a twitté de son côté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Photo : REUTERS – Pascal Rossignol
Article tiré de RFI  le 22 juin 2018
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