On sait désormais combien d’emplois a créé François Hollande…

Dans une étude rendue publique ce mardi, l’Insee considère qu’entre 2013 et 2017, le CICE, le «pacte de responsabilité» et la prime à l’embauche pour les PME ont «directement enrichi la croissance d’environ 300 000 emplois».

Voilà un chiffre que devraient assez vite reprendre François Hollande et sa garde rapprochée : selon l’Insee, les «mesures économiques destinées sous le précédent quinquennat à « inverser la courbe du chômage »» ont, «de 2013 à 2017 […] directement enrichi la croissance d’environ 300 000 emplois». Si dans l’édition 2018 de son étude «Emploi, chômage, revenu du travail», dont est issu ce chiffre, l’institut national de la statistique ne rentre pas dans le détail, les soutiens de l’ex-président de la République pourront désormais répéter sur les plateaux que le décrié crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) créé en 2013, le «pacte de responsabilité et de solidarité» et ses baisses de cotisations patronales lancées en 2014 ou encore la prime à l’embauche dans les PME mise en place début 2016 ont permis, en moyenne, de créer 75 000 emplois par an.

Un bon chiffre ? Pas vraiment… D’une part, c’est en deçà des objectifs des gouvernements Ayrault et Valls, qui ont porté ces mesures économiques. Rien que pour le pacte de responsabilité et de solidarité, le gouvernement promettait, à son lancement, une création de «200 000 emplois à l’horizon 2017». Pour le CICE, France Stratégie, organisme dépendant des services du Premier ministre, estimait en octobre qu’il avait «créé ou sauvegardé» à peine 100 000 emplois.

D’autre part, précise l’Insee, c’est avant tout la prime à l’embauche, mesure pourtant la moins coûteuse des trois (1,9 milliard d’euros en 2017 contre 40 milliards d’euros par an pour les deux autres) qui a été la plus efficace : l’Insee note ainsi que ces «mesures […] ont continué de favoriser le dynamisme de l’emploi au premier semestre 2017» mais que, «par contre, au second semestre, l’effet d’enrichissement est devenu globalement neutre en raison de l’arrêt de la prime à l’embauche». En clair : si elles ont créé des emplois, c’est avant tout grâce à ce versement trimestriel de 500 euros – pendant deux ans – pour les entreprises et associations de moins de 250 salariés qui ont embauché, avant le 30 juin 2017 (date de fin de la prime), des employés en CDD de six mois et plus ou un CDI avec un salaire jusqu’à 1,3 fois smic.

Chute

Par ailleurs, dans cette étude sur le marché du travail, l’Insee confirme la bonne santé du marché de l’emploi français l’an dernier. Avec 27,8 millions de personnes ayant un emploi fin 2017, la France affiche donc 341 000 créations nettes, contre 219 000 en 2016. «Il s’agit de la plus forte hausse depuis 2007», précise l’institut. Cette «franche accélération», ajoute le statisticien, «repose» avant tout sur le secteur privé. Résultat, le taux de chômage est tombé l’an dernier à 9,4% de la population active, soit une chute de 0,7 point, «sa plus forte baisse en moyenne annuelle depuis 2008» et «son plus bas niveau depuis 2012». Même si, précise l’Insee, «il reste néanmoins encore 2 points supérieur à son niveau» d’avant-crise. «L’inversion de la courbe du chômage» tant attendue par les premiers soutiens de François Hollande pour le porter vers la présidentielle lorsqu’il était encore à l’Elysée aura donc bien eu lieu en 2017. Trop tard pour eux.

Photo : AFP – Yoan Valat
Lilian Alemagna
Article tiré de Libération  le 3 juillet 2018

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