La sauvegarde de la biodiversité ne passera pas par Hulot

Nicolas Hulot a annoncé cette semaine les 90 mesures de son plan de sauvegarde de la biodiversité. Un soin particulier a été accordé à la mise en scène mais le plan n’est ni contraignant, ni budgété. Et risque fort de rejoindre ceux qui l’ont précédé dans les tiroirs de l’inefficacité. A l’eau.

Trop de mise en scène pour être autre chose qu’un symbole. Hier, une grande partie du gouvernement, dont le Premier ministre, était aux côtés de Nicolas Hulot pour présenter le plan de sauvegarde de la biodiversité. Tous unis et rassemblés dans la grande galerie de l’évolution. Le message est clair : « la biodiversité se meurt en silence, la nature nous lance un SOS », avait joliment formulé le ministre de la Transition écologique à Marseille pour lancer le plan. Eviter « l’effondrement de la société » lui a répondu en écho Edouard Philippe.

Mais concrètement ? Il avance 90 mesures. Un catalogue à la Prévert où figurent aussi bien la suppression de 12 produits plastiques à usage unique (paille) qu’un plan pour protéger les cétacés du risque d’échouage ou le lancement d’une application pour reconnaître les plantes. Sur le papier, c’est haro sur les pesticides, le glyphosate et l’artificialisation des sols. Mais nulle contrainte, que des incitations.

Une mesure prévoit également la création ou l’extension de 20 réserves nationales pour défendre la faune et la flore. Mais comment y croire ? Non seulement il n’y a aucune obligation sur les sujets qui fâchent les industriels, mais pas un euro n’est mentionné. Alors qu’un rapport sur « l’avenir des opérateurs de l’eau et de la biodiversité » publié début juin, pointe l’incohérence entre des objectifs « particulièrement ambitieux » et « la faiblesse, sinon l’absence, de moyens correspondants».

Hier, un nouveau plan s’est ajouté aux 20 objectifs de la stratégie nationale 2011-2020, aux conférences environnementales des années Hollande, à la loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016… Dont aucun n’a empêché les abeilles d’être décimées, les campagnes vidées de leurs oiseaux, les insectes volatilisés, les espaces naturels grignotés et les océans envahis de plastique.

Angélique Schaller
Article tiré de la Marseillaise  le 7 juillet 2018

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