Mobilisation pour sauver le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, détenu en Sibérie

Il est celui qui pourrait noircir le tableau d’un Mondial de football qui jusque-là s’est déroulé sans fausse note. Les jours d’Oleg Sentsov sont comptés : le cinéaste ukrainien, emprisonné en Russie est en grève de la faim depuis 58 jours. A l’occasion de la demi-finale France-Belgique à Saint Pétersbourg, des artistes et des intellectuels interpellent Emmanuel Macron et demandent au président français de se mobiliser pour obtenir sa libération. Le cinéaste ukrainien purge une peine de 20 ans pour terrorisme et trafic d’armes, des faits qu’il nie.

Pour les autorités russes, Oleg Sentsov a tenté d’organiser des attentats dans sa Crimée natale au moment où Moscou reprenait le contrôle de la péninsule ukrainienne en 2014.

Selon l’accusation, avec un groupe de militants nationalistes, il aurait notamment tenté de faire exploser une statue de Lénine à Simféropol, mais aucune preuve tangible n’a pu être apportée.

Le cinéaste de 41 ans a certes soutenu dès le début la révolution pro-européenne à Kiev et n’a jamais caché son opposition à l’annexion de la Crimée. Il nie en revanche toute préparation d’actes terroristes. L’accusation a été bâtie sur les témoignages obtenus sous la pression. Son procès a été qualifié de « stalinien » par Amnesty International.

Enfermé dans une prison située au delà du cercle polaire, Oleg Sentsov refuse de s’alimenter depuis la mi-mai pour exiger la libération de « tous les prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie. Ils seraient au nombre de 70. Sa cousine, Natalia Kaplan, a pu lui rendre visite la semaine dernière et lui a parlé pendant 2 heures derrière une vitre. Elle l’a trouvé amaigri, vieilli, mais combatif et déterminé à poursuivre sa grève de la faim jusqu’au bout.

En Russie comme à l’étranger, ses soutiens redoutent qu’il ne connaisse le sort du dissident soviétique Anatoli Martchenko, qui a succombé en 1986 après une grève de la faim de 117 jours. Comme Sentsov, il se battait pour la libération des prisonniers politiques.


■ Entretien avec Marion Döring, directrice du réseau des Académies européennes de cinéma qui est, lui aussi, mobilisé.

Marion Döring : « C’est déjà le 58e jour de sa grève de la faim, il va devenir de plus en plus faible. Ce que nous espérons, c’est vraiment qu’on sauve la vie de ce cinéaste qui a 40 ans, qui a deux enfants, qui a été privé de sa liberté d’expression artistique, de sa liberté comme citoyen. »

Oleg Sentsov est aujourd’hui le fer-de-lance d’une lutte puisqu’il a débuté sa grève de la faim pour demander la liberté de tous les prisonniers politiques ukrainiens.
C’est ça, pour 64 prisonniers politiques ukrainiens, c’est ce qui rend sa situation encore plus difficile. Nous savons qu’il est vraiment en grand danger et que chaque jour compte. La solution est au niveau politique. Donald Tusk du Conseil européen a fait l’appel dans son discours d’ouverture du sommet du G7 pour la libération de Sentsov et aussi le Parlement européen a fait la même chose. Ça sera peut-être aussi négocié derrière des portes fermées. »

Le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux a estimé ce mardi matin que « les droits élémentaires » de la défense du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov emprisonné en Russie « n’ont pas été respectés ».

Photo : REUTERS – Sergey Pivovarov
Article tiré de RFI  le 10 juillet 2018

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