L’Otan, multinationale de la défense

La question du partage du fardeau n’est pas nouvelle à l’Otan. Mais Donald Trump est bien décidé à mettre sous pression les alliés européens. Selon les chiffres fournis par l’Alliance atlantique, les Etats-Unis totalisent 70% des dépenses militaires de l’Otan en 2017, soit 686 milliards de dollars sur les 957 milliards déboursés par les 29 pays membres. En principe, chaque pays de l’Otan participe en fonction de ses ressources, de sa taille et de son économie à la défense collective de l’Alliance. Les Etats-Unis disposent du plus gros budget de défense au monde. Retour sur une bataille de chiffres en trompe-l’oeil.

En 2014, lors du  sommet de Newport, les pays de l’Alliance s’étaient mis d’accord pour consacrer 2% de leur produit intérieur brut à leur défense. Quatre ans plus tard, seuls 7 pays européens pays sont à ce niveau  : les 3 Pays baltes, la Pologne, la Roumanie, la Grèce et le Royaume-Uni.  Dans le cadre de la loi de programmation militaire 2019-2025 (LPM) votée cet été, la France a prévu d’y parvenir en 2025 au prix d’une forte hausse des budgets,  après 2023, et en fonction des prévisions de croissance.

L’Allemagne dans le viseur de Donald Trump

L’Allemagne fait des efforts, mais est très en dessous…. à 1,4 %, mais la règle des 2% est régulièrement remis en cause particulièrement par Berlin. A Paris, au ministère des Armées, on soutient une approche « constructive et apaisée sur la question ». En effet, l’Allemagne a le plus gros produit intérieur brut (PIB) d’Europe donc tout en étant en dessous des critères de l’Otan, Berlin consacrera 43 milliards d’euros à sa défense en 2019, ce qui classe l’Allemagne au 3ème rang des budgets d’Europe occidentale.

La règle des 2%

A l’inverse, « en cas de ralentissement de l’économie, la règle des 2% perdrait tout son sens car mécaniquement les budgets de dépenses plongeraient » soulignent les experts. Si les 2% constituent le reflet d’un «effort national», ils ne garantissent pas un engagement chiffré sur une période donnée. Enfin 2% pour quoi faire ? :  la France et le Canada sont en dessous (respectivement 1,8% et 0,9% du PIB), « mais ces deux pays ont activement participé à la sécurité collective de l’Alliance à travers leurs missions de l’Otan (ISAF) ou dans la lutte contre le terrorisme au Sahel », fait-on remarquer dans l’entourage de la ministre Florence Parly.

Quand l’Europe achète américain

Dernier point, la règle impose de consacrer 20% des crédits de défense à l’achat d’équipements, or environ 35% des armes achetées sur le vieux continent sortent des usines américaines. L’Otan est donc aussi une bonne affaire pour l’industrie de défense des États-Unis.

Photo  : REUTERS – Ludovic Marin
Olivier Fourt
Article tiré de RFI  le 11 juillet 2018

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