Méditerranée – La réalité du durcissement européen en matière d’immigration

Le « Sarost 5 », un navire avec 40 migrants à son bord, est toujours bloqué à l’entrée du port de Zarzis en Tunisie. Les autorités françaises, italiennes et maltaises ont déjà refusé d’accueillir ces migrants. Un nouvel épisode qui marque le durcissement de la politique migratoire européenne. A l’image également de l’Allemagne où mercredi, le Conseil des ministres a inscrit les pays maghrébins comme « pays sûrs ». Un changement qui permet aux services allemands de l’immigration de rejeter quasi automatiquement les demandes d’asiles des ressortissants de ces pays.

Cette décision est justifiée par Berlin par le fait que les demandes d’asile en provenance des pays maghrébins sont déjà rejetées à plus de 97 %.

L’Allemagne espère que cette mesure aura « un effet de signal » et permettra « une diminution drastique » des demandes d’asile émanant de ces pays considérés comme sûrs. Un terme qui ne donne plus aux migrants émanant du Maghreb le droit d’asile.

L’Italie, elle aussi, n’attend plus les Européens et prend également des mesures pour diminuer les flux migratoires.

Elle construit déjà des centres d’accueil supplémentaires en Libye, là où les centres existants explosent et où les exactions atroces sont systématiques vis-à-vis des migrants. Car si cette idée de centres de tri au-delà des frontières européennes est la seule sur laquelle l’Union européenne a trouvé un consensus, les détails d’application restent flous.

Et la question migratoire pèse de plus en plus dans les politiques intérieures et désormais, plus aucun pays européen ne semble disposé à recevoir de bateaux transportant les migrants recueillis en mer. L’affaire de l’Aquarius en juin dernier a marqué un tournant, témoignant du durcissement de la politique européenne qui cherche à impliquer malgré eux les pays de transit.

 ■ Sarost 5 : la Tunisie face au fait accompli

Le navire « Sarost 5 » est donc toujours bloqué en face du port de Zarzis en Tunisie. A son bord, 40 migrants secourus la semaine dernière au large d’une plateforme gazière. Plusieurs ONG tunisiennes ont alerté sur le sort de ce bateau, qui a été refusé par les autorités italiennes, françaises et maltaises. Or l’embarcation des migrants se trouvait en zone de recherche et de sauvetage maltaise quand elle a été signalée pour la première fois. Selon le droit international, c’était donc à Malte de secourir les personnes à bord.

Photo : REUTERS – Antonio Parrinello
Article tiré de RFI  le 20 juillet 2018

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