Kenya – A Nairobi les expulsions se poursuivent, habitants et ONG protestent

Au Kenya, différentes agences gouvernementales procèdent depuis plusieurs mois à la destruction d’habitations informelles construites sur des terrains publics pour faire place à la construction d’infrastructures. Des milliers de personnes se retrouvent ainsi sans abris. Des représentants des quartiers affectés et associations des droits de l’homme ont manifesté cette semaine dans Nairobi avant de présenter une pétition au gouvernement. Ils dénoncent des évictions forcées et demandent au gouvernement de tenir ses promesses en terme de logement.

Diana Engaya habite dans le bidonville de Deep Sea à Nairobi. Comme beaucoup d’autres, elle a construit sa maison de tôle sur un terrain destiné à devenir une route… « Nous avons peur de ce qui se passe en ce moment à Nairobi, nous raconte t-elle. Ils vont venir nous expulser. Mais nous avons des enfants, ils vont à l’école… et il y a beaucoup de femmes seules à Deep Sea… Donc nous prions pour Dieu pour qu’il nous viennent en aide afin que nous obtenions un programme de relogement afin de quitter le terrain…»

Deep Sea, Kibera, Kaloleni, Makongeni… la liste des bidonvilles affectés s’allonge. Selon l’autorité des routes kényanes, le gouvernement n’est pas légalement obligé d’indemniser les habitants installés sur des terrains publics. Elle a cependant promis une aide financière à certains et est en discussion avec d’autres pour des programmes de relogement.

Ce n’est pas suffisant, assure Joe Muturi, qui dirige une association de défense des droits des habitants des bidonvilles.  « Le gouvernement avait promis de construire 500 000 logements, nous explique t-il. Mais ce que nous voyons aujourd’hui, ce sont des destructions. Si le gouvernement et la ville prenaient le problème du logement au sérieux, il n’y aurait pas de problème d’expulsions ».

Alors que plus de la moitié de la population de Nairobi vit dans des habitations informelles, les ONG dénoncent une politique de la ville au profit des classes aisées… Pourtant, les bidonvilles ne sont plus les seules victimes des projets de développement et de rénovation de la capitale. Ces derniers jours, des immeubles, un café et même un centre commercial construits trop proches des berges d’une rivière ont été détruits au nom de la sécurité et de la protection de l’environnement.

Photo : Laure Broulard
Article tiré de RFI  le 11 août 2018

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