Marseille – Mineurs étrangers maltraités

Une quarantaine de mineurs étrangers isolés pris en charge par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône sont venus dénoncer leurs conditions d’hébergement et le déficit d’accompagnement social. Un malaise qui s’exprime à la suite de la défenestration d’un jeune de 15 ans.

Le 9 août une bonne trentaine de jeunes migrants s’est rassemblée devant le Conseil départemental dans le quartier de Saint-Just à Marseille. Ils y sont restés jusqu’à 15h, cherchant à être entendus des responsables institutionnels, mais la collectivité a refusé de les recevoir. Quatre éducateurs de l’Addap 13 et un autre de la Dimef, les deux structures habilitées à accueillir des mineurs étrangers isolés, sont en revanche venus à leur rencontre ainsi que des militants CGT du département.

Tous ces jeunes sont hébergés. Le souci est ailleurs. « Nous sommes maltraités par le gérant de l’hôtel. On mange mal, on dort mal, et rien ne suit », déplore Issiaga, Guinéen de 15 ans, pris en charge depuis 8 mois. « On est là depuis 7 ou 11 mois, et on n’arrive pas à être scolarisé. Je me suis inscrit tout seul  ». Plus loin Seydou, malien de 16 ans, détrempé par l’orage, complète : « On voit des éducateurs, ils notent et… rien ». Pas mieux pour Abdulah, 15 ans : « j’ai dû aller seul à l’hôpital. On manque d’accompagnement, d’habits, de chaussures, de tickets de bus…»

Un appel au secours

La liste des doléances traduit un vrai mal-être. Un éducateur tempère : « on manque clairement de moyens mais la situation s’améliore comparativement à il y a deux ans. L’Addap 13 a placé 6 jeunes en appartement en semi-autonomie la semaine dernière ». Encore trop peu au regard des centaines qui attendent d’être mis sur des rails pour se construire un avenir.

Le déclencheur de la colère : vendredi dernier, Adama, âgé de 15 ans a chuté depuis la fenêtre du 4e étage de l’hôtel Sainte-Marie. Transporté dans un état très critique à l’hôpital, il est sorti du coma. La police mène l’enquête sur les circonstances de sa défenestration. Ses camarades, sous le choc, exigent des nouvelles. « Il allait mal. Comme beaucoup d’entre nous. On souffre en réalité, même si on mange et qu’on a un toit maintenant », explique Seydou. « Un suivi psychologique est absolument nécessaire pour ces jeunes. Il faut aussi, une fois en foyer, que la scolarisation avance, estime Lydia Frentzel pour la CGT CD13, nous ne comprenons pas ce refus d’écoute des directeurs généraux comme des élus ».

Myriam Guillaume
Article tiré de la Marseillaise le 13 août 2018 

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