Argentine – A Buenos Aires, des milliers de personnes manifestent contre Kirchner

Des milliers de personnes ont manifesté mardi 21 août 2018 devant le Parlement argentin, dans la capitale, contre la corruption en général et pour demander la levée de l’immunité parlementaire de l’ancienne présidente Cristina Kirchner, aujourd’hui sénatrice.

Ce mercredi 22 août 2018, le Sénat doit se prononcer sur un projet de loi prévoyant l’expropriation des biens des personnes condamnées dans des affaires de pots-de-vin et sur la demande de perquisition du domicile de Mme Kirchner, présentée par la justice dans le cadre d’une enquête née des révélations de l’ancien chauffeur d’un secrétaire d’Etat en fonction sous son gouvernement.

Selon ce dernier, des centaines de millions de dollars auraient été reversés à la présidence sous Cristina Kirchner par des entreprises bénéficiaires de travaux publics. « Levée de l’immunité », clamaient les manifestants portègnes mardi soir, beaucoup ne savent pas que le Sénat n’aura pas à traiter cette question, mais uniquement la perquisition. L’important est ailleurs, comme l’explique Gloria, responsable d’un site internet.

« Ce que j’espère, dit-elle, c’est qu’ils approuvent la loi d’expropriation et la levée de l’immunité, pas seulement de Cristina Kirchner mais de tous ceux qui ont mis à sac le pays. Je suis optimiste, parce qu’il n’y a jamais eu autant de gens en prison pour corruption. Ceci, grâce aux révélations des cahiers du chauffeur, qui ont permis que beaucoup avouent ce qu’ils ont fait et que nous soupçonnions depuis longtemps. »

« Je veux qu’ils rendent l’argent, surenchérit Alejandro, un chef d’entreprise. On sait où est l’argent. Pour moi, la perquisition est une blague, parce qu’il y a au moins cinq ans que l’ancienne présidente a mis tout ce qu’elle avait dans un avion en direction des Seychelles. » Il est certain que l’on ne trouvera rien chez Cristina Kirchner. Fidèle à son image et à son style, l’ancienne présidente a d’ailleurs pris les devants en acceptant publiquement la perquisition.

L’ancienne chef d’Etat (2007-2015), veuve d’un autre ancien président, Néstor (2003-2007), savait que la perquisition de son domicile serait votée par le Sénat. Elle a pu poser des conditions, protégée par son immunité parlementaire, et se présentant en victime d’une persécution politique. Et ce, en dépit des évidences, mais pour le plus grand bonheur de ses partisans, qui restent nombreux.

Photo Reuters/Marcos Brindicci
Jean-Louis Buchet, correspondant à Buenos Aires
Article tiré de RFI  le 22 août 2018

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