Migrants du «Diciotti» – La justice italienne ouvre une enquête contre Salvini

En Sicile, 137 migrants sont toujours bloqués dans le port de Catane à bord du navire Diciotti qui les a secourus en mer Méditerranée, il y a dix jours. Treize migrants malades ont été évacués suite à une inspection sanitaire. Ce samedi 25 août au soir une enquête a été ouverte contre le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini pour « séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir ». Et puis dans la soirée, l’Eglise italienne a fait savoir qu’elle prendrait en charge une centaine de personnes.

L’enquête contre Matteo Salvini et son directeur de cabinet a été déclenchée par le parquet d’Agrigente dont le procureur, Luigi Patronaggio, est connu pour sa grande détermination, mais les investigations seront menées par un « tribunal des ministres » de Palerme, chef-lieu de cette ile située au sud de l’Italie.

Le procureur du parquet d’Agrigente a auditionné, samedi à Rome, deux fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, en tant que témoins des faits. Les faits ce sont les ordres donnés aux garde-côtes pour bloquer le débarquement des migrants dès l’arrivée du Diciotti au port de Catane, le 20 août, commente notre correspondante à Rome,Anne Le Nir.

L’enquête, pour le moment contre X, a été ouverte pour « séquestration et détention illégale de personnes ». Selon la loi, seul un juge peut décider de prolonger au-delà de 48 heures la détention d’une personne italienne ou étrangère. Un délai largement dépassé.

Or, pour éventuellement procéder à des mises en examen, il est nécessaire de remonter la chaîne de commandement. Afin de savoir qui a donné des ordres, quand et à qui ils ont été communiqués. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, revendique « toutes les responsabilités dans les dispositions qui ont été prises ». Il martèle qu’il est « prêt à rencontrer le procureur d’Agrigente ». Mais la justice a ses propres rythmes et méthodes.

Je suis visé par une enquête pour séquestration de personnes, abus de pouvoir et détention illégales. Je l’attends sereinement et avec le sourire ce procureur d’Agrigente. Parce que je veux lui expliquer mes raisons et vos raisons. J’attends un procureur qui, au lieu de placer sous enquête un ministre, devrait s’occuper des trafiquants d’êtres humains et de ceux qui favorisent l’immigration clandestine. Je rappelle à ce procureur qu’avec les milliards de dollars qu’ils empochent grâce aux migrants, les passeurs achètent des armes et de la drogue Et moi, je ne veux plus financer les trafiquants de mort et d’armes. C’est cela que signifie bloquer l’immigration clandestine ! Et permettez-moi de remercier le gouvernement qui est uni comme jamais.
Depuis une fête de la Ligue dans le Piémont, Matteo Salvini a réagi à chaud à l’annonce d’une enquête le visant.

Deux autres parquets siciliens enquêtent autour du cas du patrouilleur Diciotti. Le parquet de Catane qui se penche plus spécifiquement sur l’hypothèse de « violation des droits des mineurs ». Tous ont été débarqués mercredi dernier. Et le parquet de Palerme qui vise le ou les passeurs qui auraient été à bord de l’embarcation secourue par les garde-côtes italiens dans la nuit du 15 au 16 août pour « association criminelle visant à favoriser l’immigration clandestine et complot dans le trafic d’êtres humains ».

Débarquement « dans les prochaines heures »

Le ministre de l’Intérieur a annoncé que tous les migrants seraient autorisés à débarquer « dans les prochaines heures ». « Une grande partie des migrants sera hébergée par l’Eglise italienne, par les évêques qui ont ouvert leurs portes, leurs cœurs et leurs portefeuilles », a déclaré Matteo Salvini au cours d’une réunion politique dans le nord du pays.

Les gouvernements albanais et irlandais ont annoncé qu’ils acceptaient respectivement 20 et 25 migrants.

Treize migrants sur les 150 migrants adultes qui étaient à bord du Diciotti étaient déjà descendus dans l’après-midi du navire. 12 femmes qui ont  subi des abus en tout genre en Libye, et cinq hommes affectés soit de pneumonie, gale, infection urinaire ou tuberculose suspectée ont été autorisés à quitter le patrouilleur, suite à une inspection sanitaire. Mais cinq femmes ont préféré rester avec leur famille.

Photo Reuters/Antonio Parrinello
Article tiré de RFI  le 25 août 2018

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