Fruits et légumes – Sur les étals, les prix s’envolent

Sur les marchés du Prado et de Noailles à Marseille, comment les consommateurs perçoivent-ils la hausse des prix entre 4 et 5 % des fruits et légumes ? Si beaucoup sont prêts au sacrifice pour défendre le contenu de leur assiette, les écarts entre ménages continuent de se creuser.

« Je préfère manger sain et me serrer la ceinture. Les fruits et les légumes sur le marché sont aussi chers qu’ailleurs,  » assure Marion. La jeune infirmière de 25 ans consacre en moyenne 15 euros par semaine à l’achat de fruits et légumes sur le marché du Prado à Marseille. Les prix sont repartis à la hausse cet été entre 4 et 5%, selon le baromètre de l’association Familles rurales publié hier.

Sur ce marché de centre-ville, les maraîchers, dont le nombre a diminué de moitié en quelques années, proposent pour la plupart des produits issus de l’agriculture locale. Mais à 6,20 euros le kilo de pêches plates, cette famille de vacanciers lyonnais préfère renoncer à son achat. « Cela ramène la pèche à 1, 50 euros pièce » , s’exclame le père de famille. Dans ce foyer, la nourriture a toujours été une priorité. Dans l’intérêt des enfants, pour le goût, le bien-être. On en encore en mémoire cette injonction de manger 5 fruits et légumes par jour.

« Un rythme impossible à tenir », selon Eulalie. Cette aide-ménagère de 45 ans consacre en moyenne 1 000 euros par mois pour manger sain. Mais le panier de la ménagère flambe, alors que le pouvoir d’achat, lui, ne progresse pas.

Les ménages modestes plus impactés

« On fait très attention, manger des fruits et légumes représente un vrai effort financier », assure ce couple de retraités, dont le pouvoir d’achat a diminué. En général, ce sont les ménages modestes qui consacrent une part importante de leur budget à l’alimentation, qui sont les plus impactés par la variation des prix. Acheter un kilo de fruits revient cette année à 3,91 euros en moyenne, contre 3,76 euros en 2017 . Ce qui est particulièrement marquant pour les budgets les plus soutenus, souligne l’étude de l’association Familles Rurales.

Si une famille veut manger 5 fruits et légumes par jour, elle doit débourser cette année entre 115 et 225 euros par mois, selon qu’elle opte pour les prix bas en hard discount ou le tout bio, plus onéreux. Sur le marché Noailles, plus populaire, où le prix du kilo de tomates est deux fois moins élevé qu’au Prado, Marcelle, 60 ans assure qu’elle préfère se priver de loisirs. Sa technique pour faire des économies : acheter la juste quantité pour ne rien gaspiller. « J’ai perdu en pouvoir d’achat, je vais toutes les semaines à la supérette, où même les premiers prix augmentent », constate t-elle. Le prix est souvent cité comme un frein à une consommation plus importante de fruits et légumes. Laurent maraîcher depuis 20 ans au Prado, affirme que depuis les crises alimentaires et les séries culinaires à succès, « les gens ne veulent que du beau et du bon ». Mais est-ce que cela justifie le prix du kilo de tomates à 6 euros ?

Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise 
le 27 août 2018

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