La gauche se prépare à l’an II de la macronie

En ordre dispersé, les forces progressistes font leur rentrée en espérant relever la tête après une première année de quinquennat qui les a mises à rude épreuve.

L’affaire Benalla et la chute vertigineuse de popularité du chef de l’État marqueront-elles un tournant dans le quinquennat ? Après un an d’une politique ultra-libérale, le président de la République connaîtra-t-il la renaissance, en face de lui, d’une opposition progressiste, atomisée depuis la séquence présidentielle-législatives de 2017 ?

Le PS en phase de clarification

Après avoir contribué à mettre Emmanuel Macron en piste durant le mandat de François Hollande, le PS est en pleine phase de clarification. Fini l’université d’été de La Rochelle, ses déchirements de chapelles et son défilé d’éléphants. Ce week-end, seuls les élus ont été conviés dans le chef-lieu de la Charente-Maritime. Objectif : redonner de la cohérence à la ligne du parti, durement éprouvée par la percée LREM. Jeudi, François Kalfon, élu d’Ile-de-France et membre du bureau national du PS, a dit attendre qu’Olivier Faure, qui interviendra samedi à La Rochelle, « procède très rapidement au rassemblement des socialistes ».

Les voix socialistes complaisantes à l’égard du locataire de l’Élysée se font plus discrètes. Il faut dire que l’électorat de gauche le plus modéré montre des signes de mécontentement croissant vis-à-vis de celui qui apparaît désormais comme le « président des riches ».

Aux côtés d’Olivier Faure, le nouveau chef d’un parti très affaibli, Valérie Rabaut, annoncera que le groupe « Nouvelle gauche » qu’elle préside à l’Assemblée nationale sera rebaptisé « groupe socialiste ».

Vif débat chez EELV

EELV dont les militants sont réunis à Strasbourg, est traversé par un vif débat sur la question du rassemblement alors même que le mince bilan de Nicolas Hulot au gouvernement semble rouvrir un espace pour l’écologie politique. Yannick Jadot, désigné tête de liste aux élections européennes, a ainsi fermé la porte à toute possibilité d’alliance avec le mouvement Génération.s de Benoît Hamon… pour lequel il s’était désisté lors de la présidentielle. Un avis que ne partage pas le porte-parole du parti, Julien Bayou, et qui ne fait pas les affaires de la nouvelle organisation politique. Génération.s souhaite, en effet, se saisir des européennes et de son mode de scrutin proportionnel pour accélérer la recomposition de l’espace écolo-social-démocrate.

LFI : les retraites « mère de toutes les batailles »

Du côté de la France insoumise, l’essentiel des candidats aux européennes a été désigné non sans mal puisque certains d’entre eux, mécontents de leur positionnement, se sont désistés. Les polémiques qui entourent Le Média empoisonnent les débats internes alors que Sophia Chikirou, sa fondatrice dont la gestion est contestée, est désormais membre de l’équipe de campagne de la FI. Les AMfis, le rendez-vous d’été à Marseille du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, ont accueilli ce week-end des parlementaires PS, PCF mais aussi LR. Une nouveauté interprétée comme un élément supplémentaire de prise de distance vis-à-vis du clivage droite-gauche. Pour autant Emmanuel Maurel, représentant de l’aile gauche du PS a annoncé qu’il présenterait son nouveau club de pensée « Nos causes communes » les 7 et 8 septembre, à Marseille, en présence du chef de file des insoumis. Et ce dernier considère que la réforme des retraites qui se profile sera « la mère de toutes les batailles ». Un sujet sur lequel la gauche politique, syndicale et associative devrait se retrouver largement.

PCF : congrès et européennes

Du côté du PCF, dont l’Université d’été se tenait ce week-end à Angers, l’heure est déjà à la mobilisation. Les participants ont marché pour la défense et le développement des services publics entre la fac et l’hôpital d’Angers. Plus encore que ce rendez-vous estival, la Fête de l’Humanité devrait sonner la rentrée sociale. En attendant, les communistes plancheront sur les textes en débat en vue de leur congrès extraordinaire prévu pour novembre. La proposition de base commune de discussion proposée par leur conseil national est en effet très contestée avec la présence de trois textes alternatifs. La question du bilan de la séquence présidentielle-législatives fait particulièrement débat. Au-delà des débats internes, Ian Brossat, le chef de file des communistes pour les élections européennes, est déjà en campagne. S’il offre un visage renouvelé du communisme français, il se heurte pour l’heure à la difficulté de faire bouger les lignes pour un rassemblement des progressistes face à « L’Europe des technos et des fachos ».

Photo : AFP
Léo Purguette
Article tiré de la Marseillaise  le 28 août 2018

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