Les professeurs font leur rentrée dans un contexte de crise

Ce vendredi 31 août, environ 800 000 professeurs font leur rentrée. Le métier d’enseignant n’attire plus et les explications sont nombreuses : faible rémunération, formation peu attrayante, conditions d’exercice difficiles, peu d’évolution de carrières, peu de mobilité, affectation dans des lieux non choisis… La situation est alarmante, l’académie de Créteil et de Versailles sont les principales touchées par cette pénurie de professeurs. On compte un manque d’environ 700 postes pour ces deux académies.

« Chez moi, en Picardie, on a eu une réunion au rectorat où on nous disait qu’il manquait 200 postes. C’est-à-dire que 200 postes n’étaient pas pourvus dans le second degré. »

Sophie Santraud est professeur de lycée dans le nord de la France, elle enseigne depuis une vingtaine d’années. Selon elle, si la profession n’attire plus, c’est qu’il y a un manque de reconnaissance pour le métier d’enseignant.

« La société est en défiance avec l’école, avec des discours très délétères, très défaitistes où on a toujours le mauvais rôle. J’ai l’impression qu’il y a un certain nombre de sujets qui étaient jusque là un peu juxtaposés qui se sont agrégés pour faire une image d’un métier qui, peut-être, n’est pas exercé par les bonnes personnes. C’est un petit peu ça qu’on dit. On va reformer les profs parce qu’ils ne sont pas bons, on va tout changer, etc… »

Originaire de Toulouse, Stéphanie fait sa première rentrée en tant que professeur des écoles en Seine-Saint-Denis. Si elle connait les difficultés de l’exercice, elle continue de croire que c’est un beau métier.

« Pour moi c’est un métier enrichissant, pas pécuniairement, mais intellectuellement. Avec la possibilité de transmettre aux enfants tout ce qui sera nécessaire pour qu’ils deviennent des adultes avertis, des citoyens responsables. »

Pour sa deuxième rentrée, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer souhaite « changer la vie des professeurs » et restaurer l’attractivité de la filière.

On n’a pas de deuxième carrière aujourd’hui, la fin de carrière n’est pas aménagée, comment on fait quand on en a marre pour faire autre chose ? Ça c’est un frein important à s’engager dans les concours. Et ça, ça devrait pouvoir être amélioré. – Sophie Santraud, professeur
Photo AFP
Article tiré de RFI  le 31 août 2018
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