Toujours 50 % d’offres illégales chez Pôle emploi, selon la CGT

Les résultats de la dernière enquête de l’organisation syndicale montre que les offres illégales d’emploi publiées sur le site de l’établissement public sont toujours aussi nombreuses.

La CGT donne un argument supplémentaire aux critiques du projet de réforme de l’assurance-chômage. Alors que l’exécutif affiche sa volonté de renforcer le contrôle des chômeurs, le syndicat publie ce lundi 3 septembre une nouvelle étude sur la part d’offres illégales dont peut être victime un demandeur d’emploi naviguant sur le site de Pôle emploi : 50 % des 1 708 offres étudiées, parmi les plus récentes dans leur date de publication, s’avèrent illégales. À cette occasion, le syndicat appelle à « plus de contrôle des offres ».

Pourquoi autant d’offres non conformes au cadre légal ? Pour la CGT, les causes sont multiples. La principale concerne le temps partiel : 301 offres seraient rendues illégales du fait du nombre d’heures qui n’est pas précisé, ou qui est contradictoire. Parmi les autres raisons : les mentions susceptibles d’induire en erreur, « CDD débouchant sur CDI », « CDD renouvelables », ou « CDD période d’essai » seraient des mentions faisant « miroiter des contrats qui n’existeront sans doute jamais », estiment les CGTistes, rappelant que « l’annonce doit être le reflet du contrat de travail initial proposé ». Peuvent s’ajouter des incohérences sur le lieu de travail, comme lorsque l’on cherche un travail à Marseille pour tomber sur une offre de conseillère clientèle à distance… basé en Bulgarie, vendue comme un « séjour linguistique en toute tranquillité ».

Pôle emploi a autorisé des sites de sociétés privées à diffuser des offres sur le sien, à la fin de l’année 2015 selon la CGT, et affiche « 611 685 offres d’emploi disponibles » sur la page d’accueil de son site au moment où sont écrites ces lignes. Problème : « On se retrouve avec des doublons, car les sites peuvent publier les mêmes offres. Ça met une pression sur les chômeurs en donnant l’impression qu’il y a une montagne d’offres disponibles pour balayer la question de la légalité. Du coup, ce serait de notre faute si on ne veut pas trouver un job », s’agace Tennessee Garcia, secrétaire général du comité. À cela s’ajoutent les offres récentes qui n’existent déjà plus ou qui renvoient vers un lien « mort », gonflant artificiellement le nombre d’offres.

Pôle emploi maintient qu’il n’y aurait que « 9 % d’offres illégales »

Cette étude fait suite à une première enquête d’ampleur nationale de la CGT publiée le 1er mars 2017, donnant le même résultat en termes de part d’offres illégales. Mais elle se veut surtout une réponse à l’étude de Pôle emploi, publiée au mois de juillet de la même année, qui abaissait le pourcentage d’offres en dehors du cadre légal à 9,3 %. La nouveauté apportée par ce deuxième volet ? « On va mettre en ligne toutes les offres traitées à la publication de l’étude », annonce Vladimir Bizet-Guilleron, formateur lors de l’étude :

On veut opposer ce qu’on fait aujourd’hui au travail qui a été diffusé en juillet 2017 par Pôle emploi qui a dit qu’il y avait 10 % d’offres illégales dans son étude sur 4 700 offres. Ces offres, on ne les a pas vues.

Contacté par Politis, Pôle emploi remet en cause la méthodologie de la CGT en précisant qu’« une offre d’emploi n’a pas de valeur contractuelle » – certains éléments, comme la conjoncture économique, pouvant amener l’employeur à modifier les termes de son offre. L’établissement affirme par la voix d’un représentant que l’absence de planning – qui complique l’organisation d’un emploi du temps, pour le syndicat – n’est pas illégale, tout comme l’absence de précision sur le nombre d’heures d’un contrat à temps partiel. De plus, la CGT donnerait une « image des employeurs qui induiraient volontairement en erreur les demandeurs d’emploi ».

L’opérateur du service public de l’emploi admet l’existence de doublons comme le démontre le syndicat, et avance comme principales causes d’offres illégales la discrimination ou les informations contradictoires. Mais défend toujours le chiffre donné par son étude de juillet 2017, soit « 9 % d’offres illégales », et promet que ses algorithmes détectant la non-conformité ou les fraudes sont en « constante évolution ». Il ne donne cependant pas de réponse concrète sur l’intelligence artificielle et la labellisation, pourtant cités l’an dernier à la sortie des résultats de son étude comme des outils en préparation, limitant la fraude et permettant de s’assurer de la qualité des offres d’emploi.

Mathieu Pedro
Article tiré de Politis  le 3 septembre 2018

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