La Macronie crie au loup

Quelle rentrée ! Quel contraste entre le succès de nos AmFis 2018 à Marseille et la déconfiture de la Macronie ! La France insoumise a rassemblé plus de trois mille personnes qui ont participé à plus de 130 ateliers étalés sur 4 jours. Des discussions ont pu avoir lieu avec de nombreux·ses ami·e·s européen·ne·s et avec des membres de l’ensemble des forces politiques françaises, à l’exception bien sûr du Rassemblement national. Il est devenu évident un peu plus d’un an après l’élection présidentielle que la France insoumise est la force dynamique au sein des oppositions. Elle est la plus susceptible de garantir le débat démocratique et de préparer l’avenir.

En contrepoint, le premier bilan d’Emmanuel Macron est catastrophique et rien ne peut le dissimuler. Même les fidèles s’inquiètent : Jean Pisani-Ferry, l’économiste qui avait coordonné son programme économique en avertit, pour la deuxième fois, Emmanuel Macron dans la presse.

Le chômage n’a pas connu de baisse réelle. Les ordonnances Pénicaud et la destruction du code du travail n’ont fait que rendre la situation des salarié·e·s plus précaire encore. Mais elles n’ont absolument pas amélioré la situation économique, comme nous l’avions annoncé alors. Nous en avons aujourd’hui la preuve dans les faits. La conjoncture économique mondiale était pourtant favorable. Les monsieur-je-sais-tout du gouvernement se flattaient de voir l’activité repartir : leurs prévisions de croissance étaient absurdes. Elles ont pourtant servi de justification pour élaborer le budget de l’Etat. Résultats ? Les impôts qui devaient rentrer dans les caisses de l’Etat n’y arrivent pas. Les incapables en profiteront pour dire qu’il faut encore réduire les dépenses, couper dans les services publics : tout le monde voit que c’est un cercle vicieux mais pas eux.

Le chômage ne baisse pas mais l’espérance de vie, si ! En 2016, elle avait baissé pour la première fois depuis 1969, et elle continue à décroître pour les femmes selon les statistiques récentes. Cette régression historique ne va malheureusement pas s’inverser de sitôt ! Nous étions nombreux.ses à sonner l’alerte : chaque réforme des retraites a été imposée en brandissant comme argument le rallongement de l’espérance de vie. « Si on vit plus longtemps on doit travailler plus longtemps » croassaient les corbeaux de l’austérité. Quelle sottise ! On vit plus longtemps justement parce qu’on arrête de s’user la santé au travail. Alors que le gouvernement nous prépare une énième contre-réforme antisociale sur le sujet, voilà qui devrait faire réfléchir.

Une autre baisse est alarmante : celle du niveau de vie ! La hausse de la CSG, la baisse des APL, le gel des salaires des fonctionnaires, les cadeaux fiscaux faits aux plus riches sur le dos des classes moyennes, les attaques contre le pouvoir d’achat sont innombrables. En réduisant le rapport de forces dans l’entreprise, Emmanuel Macron a réussi l’exploit que, pour la première fois depuis bien longtemps, la hausse annuelle des salaires a été inférieure à l’inflation.

La débandade est totale : ceux qui ont cru à la bonne volonté d’Emmanuel Macron baissent les bras et on les comprend. La démission de Nicolas Hulot est l’événement le plus marquant mais la menace de Stéphane Bern de quitter ses – curieuses – fonctions de « Monsieur Patrimoine » dit aussi beaucoup. La démission de Laura Flessel est un autre fiasco pour le gouvernement. Quant au remaniement, il n’est qu’une simple tambouille politicienne : un jeu de chaises musicales qui montre que le macronisme n’attire plus personne. Il n’y avait pas, semble-t-il, de meilleur candidat au poste de ministre de l’écologie que François de Rugy, connu surtout pour avoir trahi sa promesse de soutenir le candidat désigné par la primaire du PS.

Ajoutez à ça les affaires Benalla, Kohler, Nyssen… et vous comprenez que les porte-flingue de la macronie s’agitent et nous prennent pour cible. Comme celles de leur patron leurs attaques sont si grossières qu’elles ratent la cible. Voyant arriver les élections européennes, ils vont sur tous les plateaux répéter que nous serions nationalistes. Quelle blague ! Leur objectif est évident : faire croire qu’ils sont les gentils et que nous sommes les méchants et nous mettre dans le même sac que les fascistes de Marine Le Pen. Par exemple, la secrétaire d’Etat Nathalie Loiseau prétend que notre député insoumis Younous Omarjee aurait voté au parlement européen comme le FN Nicolas Bay au sujet de la directive sur les travailleurs détachés. Soit elle est mal informée – ce qui est ennuyeux – soit elle ment – ce qui est lamentable. Younous a voté contre la directive puisque celle-ci n’interdit pas le recours au travail détaché. L’hypocirsie du FN l’a d’abord fait voter « pour » puis corriger le vote en abstention…  Finalement les marcheurs voudraient bien rejouer la même histoire que la présidentielle. Mais ça ne prend plus.

À l’époque, ils nous appelaient populistes : nos idées ont continué à progresser et rassemblé 7 millions d’électeurs. Aujourd’hui, ils doublent la mise et nous appellent nationalistes : le mieux est d’en rire, notre progression suivra. Ils essaient de nous coller des étiquettes infâmantes parce qu’ils ne peuvent pas débattre du fond. Leur incohérence est terrible : en 2017, ils faisaient peur en disant que nous étions des rouges à l’ancienne. Le Figaro titrait sur Maximilien Ilitch Mélenchon, dans une allusion toute en subtilité à Robespierre et à Lénine. Ce n’était pas le nationalisme que la propagande anti France insoumise visait alors. Encore moins lorsqu’elle délirait sur le Venezuela. À l’époque, ils essayaient de faire croire que ceux qu’ils appellent aujourd’hui nationalistes étaient prêts à vendre leur pays à l’étranger.  C’était grotesque mais certains y ont cru. Aujourd’hui, ils sont grotesques en plus d’être incohérents dans leurs accusations, et personne ne les croit plus.

Les faits sont contre eux et ils sont pour nous. En matière de nationalisme, les marcheurs ne peuvent pas faire la leçon. C’est bien Emmanuel Macron qui a refusé d’apporter le secours de la France aux réfugiés de l’Aquarius. Quand il s’agit d’immigration c’est bien Emmnauel Macron qui accepte d’être le jumeau de Matteo Salvini. C’est bien lui qui, dans un discours prononcé devant la conférence des ambassadeurs le 27 août dernier, se félicitait de voir ressurgir « les identités profondes des peuples », qu’il opposait au « peuple mondialisé », usant d’un langage que ne renierait pas l’extrême-droite. Ce sont bien les marcheurs qui ont adopté cette loi xénophobe « asile et immigration » qui autorise à mettre des enfants en prison. C’est bien Emmanuel Macron qui utilise une rhétorique délirante en se donnant pour objectif d’avoir, derrière celle des Etats-Unis, la « deuxième armée du monde libre »…

Dans ces conditions, on se demande bien d’où a pu leur venir l’idée de nous stigmatiser de cette façon si exagérée. Les écarts de langage d’Emmanuel Macron ces derniers jours donnent peut-être un indice. En réalité, le « start up président » déteste la tradition politique que nous incarnons. Que le peuple ne se laisse pas faire, refuse les recettes libérales de Bruxelles et il est aussitôt caricaturé comme « gaulois réfractaire au changement ». C’est une forme d’inconscient politique qui a parlé. Défendre les services publics, l’Etat, tout ce qui donne à la République la possibilité de protéger l’intérêt général et l’égalité des citoyens, dans la tête d’Emmanuel Macron c’est être arriéré, nationaliste, des « gaulois » fermés à la diversité, qui est pourtant constitutive de notre peuple. Ce qui est sûr, c’est qu’en recopiant docilement les préconisations de la Commission européenne, Emmanuel Macron démantèle consciencieusement tout ce qui a fait la France : de la Sécu à la SNCF. Les macronistes le savent bien. Pour eux, l’Europe est à ce prix et ils sont prêts à tout brader dans le pays pour ça. Pour se justifier, ils nous traitent de nationalistes.

Bastien Lachaud
Article tiré de la France insoumise  le 4 septembre 2018

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