Européennes – PCF, LFI, EE-LV, PS… une campagne de diverses gauches

Pour les élections de mai, Jean-Luc Mélenchon veut faire cavalier seul, tout comme Yannick Jadot. Au grand dam de Benoît Hamon ou de Pierre Laurent.

La Fête de l’Huma, le dernier round de la rentrée politique à gauche, touche à sa fin. Désormais, toutes les familles politiques guettent le printemps. Et le premier scrutin depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron : les élections européennes. L’enjeu est important et – comme trop souvent –, les stratégies différentes. Petit tour d’horizon

La France insoumise

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a annoncé la couleur : il souhaite faire de l’élection européenne un référendum contre Emmanuel Macron. Une façon d’installer un face-à-face et d’étouffer tout ce qui bouge, à gauche, entre lui et l’Elysée. Pas question de faire des alliances, de discuter avec les autres familles politiques. Mais les portes de La France insoumise sont ouvertes. Ils draguent. Le député européen, Emmanuel Maurel s’approche chaque jour un peu plus d’un départ du PS pour rejoindre Mélenchon. Il figurerait en bonne place sur la liste, en compagnie de Manuel Bompard et Charlotte Girard.

Europe Ecologie-les Verts

Les écolos répètent à qui veut l’entendre : «Les européennes c’est notre élection !» Yannick Jadot, la tête de liste, se voit atteindre les 15% en mai prochain. Et depuis la démission de Nicolas Hulot, il y croit encore un peu plus, persuadé que l’écologie sera au centre des urnes. Un chiffre qui fait marrer la concurrence et une stratégie qui irrite ses anciens copains. Benoît Hamon : «Au lieu de s’ouvrir, les écolos disent : vive mon parti ! C’est n’importe quoi.» Pour cause, Yannick Jadot ne veut pas entendre parler d’alliance, il souhaite mener le combat tout seul. En interne, il y a des débats. Certains, à l’image de Julien Bayou, espèrent le faire changer d’avis. Ça paraît compliqué.

Parti socialiste

Le brouillard est toujours aussi présent. A quelques mois du scrutin, toujours aucune indication et le PS est toujours aussi seul, très de peu de familles politiques souhaitent travailler avec lui. Les traces du dernier quinquennat persistent. Certains socialistes espèrent découvrir une petite lumière mardi soir, lors du bureau national. Au menu : les grandes lignes du programme européen. Il va également falloir trouver une tête de liste. Olivier Faure, premier secrétaire du parti, a fait le tour du pays et de l’Europe. Toujours rien. Il s’est même pris un refus du Belge Paul Magnette, maire PS de Charleroi. Mais Faure n’est pas fan de Pierre Moscovici, pas assez à gauche, ni de Julien Dray, trop ancien monde. Plusieurs rumeurs galopent, dont le nom d’Emmanuel Maurel : une manière de faire un pas vers la gauche et surtout, de l’empêcher de tomber dans les bras de Mélenchon. Dans les colonnes du JDD, le député Luc Carvounas propose une candidature arc-en-ciel – PS, PCF, EE-LV et Génération·s. Il oublie une chose : depuis le dernier quinquennat, les socialistes comptent très peu d’amis…

Génération·s

Samedi, on a croisé un Benoît Hamon bavard à la Fête de l’Huma. Au sujet de la gauche et des coalitions : «La stratégie identitaire à gauche est mortelle, absurde, et je mène la guerre à l’absurdité.» Puis : «Tout le monde dit la même chose mais au final tout le monde part seul de son côté. On le voit bien avec les sondages, chaque famille politique ne pèse pas grand-chose, c’est ridicule.» L’ancien candidat à la présidentielle en veut à Yannick Jadot, qui ferme la porte au nez à tout le monde. Résultat : soit il mène la liste de Génération·s, au risque de s’abîmer politiquement, soit il trouve une famille politique qui accepte de partir au combat avec lui. En attendant, il prévient : «Je ne m’échapperai pas.»

Parti communiste français

La place du Colonel-Fabien est en marche. La peur de rater le train comme lors de la dernière présidentielle. Ian Brossat, adjoint de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo mène la liste et multiplie les déplacements. Les différents sondages ne décollent pas, mais il garde espoir. Le communiste ne ferme pas la porte aux discussions. On ne l’imagine pas tomber dans les bras de La France insoumise – il entretient des rapports tendus avec Mélenchon et ses copains. Par contre, avec Benoît Hamon, l’ambiance est bonne. Ils discutent régulièrement. Samedi, le secrétaire national Pierre Laurent a tenu un discours très écolo pour se mettre à la page, sous le regard de toute la gauche et de la délégation d’EE-LV. Sa manière de ne pas insulter l’avenir : «Les communistes sont disponibles, ouvert aux coopérations politiques.»

Photo de garde : Marc Chaumeil

Rachid Laïreche
Article tiré de Libération le 16 septembre 2018

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