Gaby Charroux – « Grâce aux élus communistes, les choses peuvent changer »

Il porte le projet pour une autre Métropole, Gaby Charroux, maire PCF de Martigues revient sur deux années et demi gâchées et des perspectives à venir.

Avec une nouvelle gouvernance, les règles peuvent-elles changer ?
J’espère que des modifications auront lieu dans la mise en place de la Métropole, telle qu’elle est aujourd’hui et depuis deux ans et demi, et qui confirme ce que l’on pensait au début : que c’était la proximité, l’efficacité, la démocratie qui étaient en question. Il y a eu des insuffisances dans la préparation de la loi et la mise en œuvre de la gouvernance, parce qu’ils ont appliqué la loi dans toute sa rigueur, sa sécheresse et le plus vite possible. Ceux qui étaient à la gouvernance n’en n’étaient pas capables, donc ils ont échoué. Aujourd’hui, il y a des signaux. Ils nous viennent du préfet, de la candidate à la succession de Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal et même du président Macron qui écrit à l’un, à l’une et à l’autre pour reconfigurer un périmètre géographique avec la superposition du département et de la métropole et réviser des compétences transférées avec un nouveau mode de scrutin et de représentation. Je m’en réjouis parce que c’est ce que nous proposions depuis 2005 avec la coopération métropolitaine. J’espère que l’on va vers ce chemin là. J’espère que l’on sera entendu.

La Métropole pose en fond des questions de démocratie ?
Oui bien sûr, parce que si on remet de la proximité, c’est à dire que l’on reconnaît la capacité des maires à piloter les problèmes de leurs communes et bien on aura fait un grand pas. Je prends quelques exemples : la voirie aurait dû être transférée à la Métropole selon la loi, au 1er janvier 2018. Comme la métropole n’était pas capable d’absorber cela, elle a souhaité repousser l’échéance, en laissant les communes continuer à gérer jusqu’au 1er janvier 2020. Qu’on laisse gérer la voirie par les communes, c’est une bonne chose. Si demain la gestion des crématoriums, de l’eau et de l’assainissement – il se trouve que nous, nous le gérons en régie autonome -, est laissée aux communes, ce sera une bonne chose.

Vos propositions pour les transports seront-elles entendues ?
Il y a la volonté de tous ceux qui se sont exprimés : le président de la République, le préfet, la future candidate à la présidence de la Métropole de dire que 4 ou 5 compétences seraient gérées par la Métropole, et le reste rendu aux communes. Parmi ces compétences il y a toujours la même qui revient dans la bouche de chacun, ce sont les transports. Il y a des efforts sérieux à faire en la matière. Peut-être qu’il faut une organisation différente. J’espère qu’il y aura des réponses positives et que ce ne sont pas juste des balbutiements. Depuis deux ans, personne ne me contredira, rien n’a été fait sur le sujet. S’il n’y a pas une volonté de trouver des moyens réels, par exemple en augmentant le versement de la taxe transport, comme à Paris, je crois qu’on sera toujours dans la même marasme.

Comment rétablir un équilibre ?
Il faut un équilibre entre les conseillers départementaux, mais également les maires, mais cela dépendra des responsabilités qu’on laisse à chacun. Si un maire a toutes les compétences, sauf les transports, le développement économique et l’emploi, quel est leur intérêt d’aller siéger dans l’instance métropolitaine. On a été pris depuis 5 ans, nous les maires, dans une sorte d’étau entre une réforme institutionnelle avec une métropole qui nous enlève toutes nos compétences et responsabilités et d’autre part l’autre mâchoire de l’étau avec les mesures financières de l’état avec l’encadrement de nos dépenses de fonctionnement. Je n’ai pas signé ce pacte de confiance avec l’Etat, parce que c’était une main mise complète par le préfet. Il faut retrouver un équilibre garant de la démocratie.

S’il y a un fléchissement, alors on le doit à ceux qui ont dit et montré que la mise en place de cette métropole était vouée à l’échec. Donc grâce aux élus et en particulier aux élus communistes, les choses peuvent bouger. J’en suis heureux et un peu fier.

Catherine Walgenwitz 
Article tiré de la Marseillaise le 17 septembre 2018

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s