Marseille – Un projet d’hôpital privé servit sur un plateau

L’enquête publique pour la construction de l’Hôpital privé de Marseille (12e) a débuté lundi pour un mois. Résultat du regroupement de Beauregard et Vert-Coteau, l’établissement hospitalier s’installe sur les terrains d’un ancien collège public.

Resté en sommeil pendant trois longues années, le projet d’hôpital privé de Marseille (HPM) sur les friches de l’ancien collège Louis Armand (12e) a soudainement refait surface.

Alors que plus personne ne s’y attendait dans le quartier, un unique panneau de couleur jaune, estampillé du logo d’Aix-Marseille-Provence-Métropole, a été placardé sur le grillage du collège de type Pailleron, désaffecté en 2011 (le collège a été reconstruit un peu plus bas dans la rue Louis Armand). à la place, le deuxième plus important hôpital privé de la ville et même de France s’étendra sur deux bâtiments (7 niveaux) reliés entre eux par une passerelle au dessus de la route. Une enquête publique démarre ce lundi matin* pour que les Marseillais puissent s’exprimer sur un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Ce futur HPM, porté par le groupe varois Sainte-Marguerite et d’une capacité de 600 lits, surpassera l’hôpital Européen (563 lits) de la Joliette (3e). Résultat du regroupement de l’hôpital privé Beauregard et Vert-Coteau (12e), leur disparition dégagera du foncier dans des quartiers prisés. Le projet avait fait l’objet, en janvier 2016, d’un vote au conseil municipal. La Ville cède alors au groupement varois, 60 000 m2 de terrain au prix des domaines. à l’époque, la députée-maire LR, Valérie Boyer affiche un soutien sans faille en défendant l’amélioration de la qualité des soins. Le futur établissement sera situé, à vol d’oiseau, à 1,5 km du grand hôpital public la Timone. à travers ce projet, la droite locale défend sa vision libérale de la santé dans une ville qui compte 65% de lits privés pour 35% de lits publics.

Un cadeau pour le privé

Jean-Marc Coppola, conseiller municipal communiste, explique à ce moment là que l’on « ne pouvait pas d’un côté faire le constat d’une hospitalisation publique en difficulté, telle que l’est l’AP-HM et en même temps favoriser l’implantation du privé ». Ce qui revenait à diriger l’action publique locale en faveur d’intérêts particuliers, au lieu de l’intérêt général. Le privé peut prospérer, servit sur un plateau avec une station de métro, des lignes de bus, une autoroute urbaine située à proximité (L2). Ne restait plus qu’à obtenir l’aval de l’agence régionale de santé. En 2016, l’ARS donne son feu vert et autorise le transfert géographique de Beauregard et Vert-Coteau.

« Est-ce que l’enquête publique pourra répondre à nos questions », interroge Mireille Huguet. La secrétaire de section du PCF du 12e arrondissement envisage de sensibiliser les habitants du quartier sur cette délocalisation dans un même secteur qui bouleversera leur vie, sans améliorer la qualité et l’offre de soins. Dans le 12e arrondissement, la concentration médicale est parmi la plus dense de la ville. Avec le passage prévu de 800 véhicules par jour, une station héliportée, l’HPM pourrait vite se retrouver à l’étroit. Le petit parc public, la piscine Haïti, le collège et le parking RTM… seront-ils à terme menacés ? « La ville a bradé des terrains, alors que l’on aurait pu imaginer construire un groupe scolaire, des équipements sportifs  qui font cruellement défaut », développe Mireille Huguet.

On n’en sait pas plus non plus sur le sort qui sera réservé aux 800 salariés de Beauregard et de Vert-Coteau. Le déménagement n’a toujours pas été évoqué en comité d’entreprise. « Au dernier CE, on nous a dit que l’enquête publique avait déjà eu lieu », affirme Sandrine Cartier, déléguée CGT à Beauregard. Si sa direction assure que les emplois ne seront pas menacés, « on s’interroge  », souffle-t-elle. La syndicaliste a prévu de remettre le sujet sur la table du prochain comité d’entreprise.

l Jusqu’au 17 octobre, siège de la Métropole, 58 Bd Charles-Livon (7e) et à la délégation de l’urbanisme , 40 rue Fauchier (2e).

Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise . le 19 septembre 2018

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