Le Parlement européen vote pour des voitures plus propres

Les émissions de CO2 des véhicules automobiles neufs devraient diminuer de 40% d’ici 2030 si la Commission européenne et les Etats suivent le vote du Parlement européen intervenu ce mercredi.
Une avancée, mais pourrait mieux faire.  C’est le sentiment qui dominait chez les députés particulièrement investis dans la diminution des gaz à effet de serre à la sortie du vote du Parlement ce mercredi. C’est un long bras de fer qui a mené à ce résultat.
Initialement, la Commission européenne ne voulait pas baisser de plus de 30% les émissions de CO2 sur les véhicules d’ici 2030. Les constructeurs automobiles prétendaient ne pas pouvoir aller au delà de 20%. La commission environnement du Parlement européen (ENVI ) préconisait quant à elle, une diminution de 45%.
C’est finalement une réduction des émissions de CO2 de 40% d’ici 2030 qui a été votée par 389 voix contre 239, avec un objectif de baisse intermédiaire de 20% d’ici 2025.
« Il est encourageant de voir que la majorité du Parlement reconnaît la nécessité de se fixer des objectifs ambitieux pour réduire les émissions de CO2 », commente la députée écologiste Karima Delli ( Verts-ALE ), « mais nous regrettons cependant la réticence des conservateurs pour réellement sauver la planète. »
Le parti de droite majoritaire au Parlement européen ( PPE ) a en effet ferraillé dur, avec l’appui du lobby automobile de certains pays comme l’Allemagne, pour imposer une diminution moins ambitieuse des taux de CO2, et une grande partie de ses députés a voté contre la proposition, sauf les député.e.s de la droite français.e.s. qui ont voté pour à l’unanimité.

Pour deux raisons, selon leur président, Franck Proust. 

D’abord parce que, selon lui, les constructeurs automobiles français sont tout à fait capables de parvenir à ce résultat dans les délais impartis, mais en plus, cette diminution des émissions de CO2 sur les véhicules neufs devrait, toujours selon Franck Proust,  renforcer la compétitivité des constructeurs européens sur le marché mondial.
Le vote du Parlement européen exige également que les constructeurs augmentent la part de marché des véhicules des voitures électriques et des véhicules à émission faible. Ceux-ci devraient garantir que les véhicules qui émettent moins de 50 gr de CO2 par km représentent 40% du marché des ventes de nouvelles voitures et de vans d’ici 2030.
Ce vote intervient dans un contexte où les émissions de gaz à effet de serre provenant de la circulation automobile, ne cessent d’augmenter en Europe. L’an dernier les émissions de CO2 ont grimpé pour les véhicules neufs en Europe et en France ( + 3,2% ), ce qui ne s’était pas produit depuis plus de 20 ans. Le 6 septembre dernier, le président français, Emmanuel Macron, avait rappelé que sa priorité était de réduire les émissions de CO2. Il faudra donc observer attentivement la position que défendra François de Rugy, lors du conseil des ministres européens de l’environnement qui aura lieu mardi prochain. Défendra-t-il lui aussi la baisse de 40% ? C’est ce qu’avait préconisé Nicolas Hulot avant sa démission.
Après que le Conseil ait arrêté sa position, une nouvelle négociation s’engagera entre le Conseil européen, la Commission européenne et le Parlement européen. Le texte final sur la réduction des émissions de CO2 des véhicules automobiles devrait intervenir au début de l’année prochaine.
Jean-Jacques Régibier
Article tiré de l’Humanité  le 3 octobre 2018
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