Au Brésil, l’extrême droite en position de force pour la présidentielle

Les sondages donnent une confortable avance à l’ultraconservateur Bolsonaro sur le candidat de gauche Haddad, pour le premier tour dimanche.

Le Brésil va vivre dimanche le premier tour d’une élection présidentielle polarisée comme jamais avec, pour la première fois, un candidat d’extrême droite en position de favori : l’ex-capitaine de l’armée Jair Bolsonaro, apologiste de la dictature militaire qu’a subie le pays entre 1964 et 1985. Depuis plusieurs semaines, tous les sondages prédisent la qualification pour le second tour, le 28 octobre, du député de 63 ans, sous les couleurs du petit Parti social-libéral (PSL). Crédité jusqu’alors de 32 % d’intentions de vote, Bolsonaro a encore progressé de trois points dans un sondage publié jeudi (35 %).

Le candidat de gauche Fernando Haddad, 55 ans, du Parti des travailleurs (PT) devrait arriver en deuxième position (22 % dans le dernier sondage de jeudi), quatre semaines seulement après avoir remplacé l’ex-président Luiz Inácio Lula Da Silva, inéligible car emprisonné pour corruption. Bolsonaro, blessé d’un coup de couteau début septembre dans un attentat en pleine campagne, martèle qu’il sera élu dès le premier tour, une option que certains analystes n’excluent plus, sans toutefois la juger très probable.

Ere inconnue

Jeudi soir avait lieu le dernier débat télévisé de la campagne. Bolsonaro, qui avait montré ses faiblesses lors d’une première confrontation avec ses concurrents, avait produit un certificat médical pour éviter de se rendre sur le plateau de TV Globo. Mais il a joué les trouble-fêtes en apparaissant, au même moment, sur la chaîne évangélique de la richissime Eglise universelle du royaume de Dieu, qui soutient sa candidature. Pendant vingt minutes, sans contradicteur, il a tapé sur son rival Fernando Haddad, accusé de soutenir le régime du président vénézuélien Nicolás Maduro. «Nous ne pouvons pas accepter cette idéologie au Brésil. Ce sera la fin de notre patrie si le Parti des travailleurs revient au pouvoir», a assené l’ancien militaire.

Si la présidentielle peut faire basculer le Brésil dans une ère inconnue, les élections des gouverneurs et des assemblées des 27 Etats, des 513 députés de la Chambre basse et des deux tiers des 81 sénateurs – également prévues dimanche – ne devraient en revanche pas transformer radicalement le paysage politique.

Photo : AFP – Nelson Almeida
François-Xavier Gomez
Article tiré de Libération  le 5 octobre 2018

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