Travail décent – Une journée pour «changer les règles du jeu»

Ce dimanche 7 octobre marque la 11e Journée internationale pour un travail décent, c’est-à-dire pour l’amélioration des conditions de vie et de travail grâce à des réglementations plus exigeantes en matière de protection des travailleurs. Cette année, le mot d’ordre pour y parvenir est « changer les règles du jeu ».

L’objectif ambitieux de cette Journée internationale pour le travail décent est de « remettre à plat les règles de l’économie mondiale ». Car selon la Confédération syndicale internationale (CSI), celles-ci sont de plus en plus défavorables aux travailleurs dans le monde.

Chaque année, la CSI produit un classement des pays en fonction de leur respect des libertés civiles, du droit à constituer un syndicat et de mener des actions syndicales, du droit de négociation collective et du droit de grève. Selon ces critères, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord apparaissent comme les moins respectueux des droits des travailleurs.

Parmi les 10 pays du monde considérés comme les pires, de ce point de vue, figurent l’Algérie, l’Arabie saoudite, le Bangladesh (voir encadré), le Cambodge, la Colombie, l’Egypte, le Guatemala et la Turquie. Le poids des entreprises sur les Etats et leurs législations est souligné par la CSI qui dénonce l’influence « débridée » des entreprises et des investisseurs étrangers en faveur de réformes répressives. Ainsi en 2017, la Chambre de commerce des Etats-Unis a dépensé 82 millions de dollars en actions de lobbying.

Le cas du Bangladesh

Avec notre correspondant régional, Sébastien Farcis

L’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza en 2013, qui a fait plus de 1 100 morts, a forcé les marques étrangères à prendre leurs responsabilités pour la sécurité des bâtiments. Depuis cinq ans, une organisation indépendante a inspecté près d’un tiers des usines du secteur et obligé les patrons à renforcer les structures ou à installer des portes coupe-feu. Le nombre d’incendies a ainsi drastiquement baissé, et on ne meurt quasiment plus sur son lieu de travail dans les fabriques de vêtements du Bangladesh.

Mais cela ne veut pas dire qu’on vit bien de ce labeur. Depuis plus d’une décennie, les couturières bangladaises se battent pour obtenir un salaire décent. Le revenu minimum est de 55 euros par mois, soit un cinquième de ce qui est considéré suffisant pour vivre correctement. Ce montant n’a pas bougé depuis cinq ans. Les syndicats réclament un triplement de ce revenu minimum, alors que le gouvernement n’est près à accorder que 20 % d’augmentation. Là encore, les marques occidentales clientes peuvent faire pression pour obtenir de meilleurs revenus, mais la plupart d’entre elles restent muettes.

Photo : Getty Images/Thomas Imo
Article tiré de RFI  le 7 octobre 2018

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