Médecins sans frontières dénonce une situation «désespérante» à Nauru

Médecins sans frontières s’est élevé ce jeudi 11 octobre contre Nauru qui a mis un terme samedi dernier à la mission de l’ONG dans les centres de rétention de cette île du Pacifique. Près de 900 réfugiés et demandeurs d’asile, refoulés par l’Australie, y vivent depuis cinq ans dans des conditions épouvantables. MSF, qui a dû cesser ses activités sous 24 heures dans ce que des ONG décrivent comme le Guantanamo australien, évoque une situation « au-delà du désespoir ».

Un nombre alarmant de tentatives de suicide, des cas d’automutilation, des enfants qui souffrent du syndrome de résignation – incapables de se nourrir ou de boire… L’état de désespoir des migrants, décrit par les médecins de l’organisation Médecins sans frontières (MSF) expulsés de Nauru, fait froid dans le dos.

Carolyne Lima, psychiatre, témoigne : « Ils disent : « si je m’immole par le feu, je serai libre et débarrassé de cette vie horrible et peut-être que les gens ainsi seront au courant et que d’autres vies pourront être sauvées ». Ils disent très clairement qu’à ce stade, ils préfèrent mourir plutôt que de rester en vie. Les tentatives de suicide sont bien réelles et le fait qu’elles n’aboutissent pas signifie tout simplement que ces enfants ne savent pas comment s’y prendre ».

« Nous avons vu des tentatives de suicide chez des enfants parfois âgés de neuf ans seulement, raconte Dr Beth O’Connor. Le mot qui revenait le plus souvent lors des séances, c’était « détruit ». Je les ai entendus le dire, mais je l’ai aussi vu dans leurs yeux. »

« Certains enfants ne mangent plus, ne boivent plus d’eau, restent allongés sans rien faire et ne communiquent même plus avec leurs familles, qui sont obligées de les emmener à l’hôpital pour les alimenter par intraveineuse, explique la psychologue Natalia Hverta Perez. Et chaque jour, nous constatons toujours plus d’enfants dans ce cas. »

Médecins sans frontières a rappelé que la politique d’immigration inhumaine du gouvernement australien et la détention de migrants et de demandeurs d’asile de manière indéfinie dans des camps offshore empêchait toute possibilité de résilience et a appelé à leur évacuation d’urgence.

Photo: AFP – Mike eyral
Article tiré de RFI  le 11 octobre 2018

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