Marseille – Les demandeurs d’asile toujours maltraités

A Marseille, après une grève du personnel de la Plateforme d’accueil pour les demandeurs d’asile (Pada), dénonçant leur manque de moyens, la situation reste extrêmement difficile pour les salariés. En bout de ligne, ce sont les exilés qui trinquent. Et le quartier avec.

Si ça continue, ça va mener à de la violence ». Interrogé en juillet dernier, Ali Driss, gérant du café Le Douze, situé en face des locaux de la Plateforme d’accueil des demandeurs d’asile (Pada) craignait le pire. Quatre mois plus tard, le verdict est sans appel : « le quartier devient un ghetto ». Installé depuis l’an dernier rue des Pénitents Bleus (1er arrondissement), la Pada, gérée par l’ONG Forum-Réfugiés, pré-accueille tant bien que mal les 600 à 700 demandeurs d’asile qui se présentent chaque mois devant ses portes.

Une première étape avant toute demande officielle auprès des Guda : guichet unique pour demandeurs d’asile. La plupart d’entre eux dorment sous la Halle Puget, située juste à côté. Seules quelques familles sont accueillies à l’hôtel pour 15 jours maximum avant de retourner à la rue. Sans toilettes, ni douches, les immondices s’accumulent. Il y a quinze jours, une rixe très violente a éclaté, déclenchant l’arrêt de travail des salariés.

Asile impossible
Avec cette grève, le personnel de la plateforme entendait dénoncer des conditions de travail inacceptables avec notamment un manque de personnel (14 salariés dont quatre en arrêt maladie). Ils ont repris le travail depuis.
Contactée, la préfecture indique que l’Etat a renforcé les moyens mis à disposition de l’association (+13% de revalorisation). Les conséquences pour les demandeurs d’asile sont, elles, en tout cas bien réelles. Après leur arrivée sur le territoire, ils ont 21 jours pour faire leur demande « En temps normal, c’est difficile à tenir.

Après douze jours d’interruption, beaucoup sont hors-délai », détaille Jean-Pierre Cavalié, membre fondateur du réseau Hospitalité. Sur cette question, la préfecture assure avoir augmenté le nombre de rendez-vous au Guda de 36% pour compenser. Tenus à un droit de réserve, aucun employé de la Pada n’a souhaité s’exprimer.

Marius Rivière
Article tiré de la Marseillaise  le 12 octobre 2018

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