Salariés débordés, enfants en danger – Les 26 MDS des Bouches-du-Rhône en grève

Les 26 Maisons départementales de la solidarité (MDS) des Bouches-du-Rhône sont en grève à l’appel de la CGT et de la FSU. Les travailleurs sociaux n’ont plus les moyens d’assurer la protection des mineurs.

Jeudi 27 septembre, Marseille, 3e arrondissement, il est 23h. Dans la MDS Belle de Mai, après s’être épuisée toute la journée en coups de fil pour tenter de trouver une place d’accueil à un enfant confié par le juge du tribunal de Marseille au service départemental de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), l’assistante sociale craque. Elle décide d’emmener le bout de chou, harassé de fatigue et assis dans son bureau, dormir chez elle.

Dans la même semaine, 17 enfants sous ordonnance de placement immédiat sont ainsi restés sans solution d’hébergement sur la seule MDS de la Belle de Mai, faute de places. Les 9 assistantes sociales et éducateurs y reçoivent 150 personnes et gèrent 36 situations par jour.

En une journée, ils réalisent « l’accompagnement global des familles, la réinsertion sociale, l’aide au logement, les ruptures de ressources, de CAF, de RSA. Mais également le suivi des 280 enfants placés sur la MDS et l’accompagnement des visites médiatisées avec les parents », liste Pauline, assistante sociale depuis 2 ans à la Belle de Mai.

Sans compter les astreintes pour le placement des enfants en urgence. « Il nous manque du temps et des moyens pour pallier cette détresse humaine. » Première mission du Département, le service ASE gère 3 400 enfants dont 780 mineurs étrangers isolés.

« Le Département n’anticipe pas »

Une grève avait déjà mis à jour les difficultés des MDS en mai 2017. Un échange avec la direction de l’ASE avait débouché sur des promesses de mieux. Sur 4 postes supplémentaires annoncés, un seul est mis en place. Quant aux places, 472 ont été avancées, mais « entre 2014 et 2018, chez les assistantes sociales les places sont tombées de 700 à 480 », souligne la représentante syndicale.

« On passe notre temps à téléphoner, à faire le tour des hébergements pour trouver un matelas qu’on rajoute dans les couloirs », se désespère Thibaud, 8 années de service. « Le Département n’anticipe pas. L’État se désengage. Et depuis qu’on est en grève, il n’y a pas de dialogue. »

Depuis le 1er octobre qu’ils sont en grève, ces travailleurs sociaux demandent : « 2 postes à temps plein, l’équivalent des 200 à 250 heures supplémentaires effectuées par mois par l’équipe. Une gestion des places dès le lundi », expose Valérie Marque, responsable CGT au Département. Or « on nous propose une réunion technique jeudi mais sans parler des revendications », déplore la syndicaliste.

La situation n’étant pas plus brillante dans le reste des Bouches-du-Rhône, le mouvement prend aujourd’hui une dimension départementale avec des préavis déposés par la CGT et la FSU pour les 26 MDS. Une délégation de grévistes sera reçue par la direction de l’ASE.

Photo : Migué Mariotti
Myriam Guillaume
Article tiré de la Marseillaise le  12 octobre 2018

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s