Maroc – Une ONG dénonce le sort réservé aux migrants dans le nord du pays

Au Maroc, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et des migrants (Gadem) dénonce des milliers d’arrestations et de déplacements forcés dans la région de Tanger mais également près d’une centaine d’expulsions hors cadre juridique.

Dans le nord du Maroc, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et des migrants (Gadem) présentait le 11 octobre son rapport « expulsion gratuite » dans la capitale, Rabat.

Sur la base de témoignages, il estime qu’entre juillet et septembre, au moins 7 720 personnes qui ne sont pas marocaines auraient été victimes d’arrestations, puis de déplacements forcés dans la seule région de Tanger sans distinction de leur situation administrative.

Le Gadem dénonce ainsi une politique raciste des autorités. Le groupe a également recensé 89 expulsions hors cadre juridique. D’autres sont toujours en attente. Plus d’une quarantaine de personne serait ainsi encore détenue au sous-sol du commissariat central de Tanger.

Conditions de détention terribles

Camille Denis, coordinatrice générale du Gadem, décrit des conditions de détention terribles. Les migrants arrêtés « sont couchés à même le sol. Dans le rapport, on montre des photos avec des matelas qui sont vraiment les uns à côté des autres. Ils n’ont pas de couverture et ils ont les vêtements qu’ils avaient le jour de leur arrestation. C’était une période plutôt chaude, donc ils sont encore juste en tee-shirt et en short et se plaignent énormément du froid ».

Par ailleurs, « il y a une toilette qui est ouverte la journée. La nuit, elle est fermée, donc ils sont obligés d’uriner dans des bouteilles en plastique qui sont laissées juste à côté de leur tête. On a des photos aussi qui en attestent. L’accès aux soins est extrêmement limité. On peut voir  des personnes qui ont des pansements. Quatre personnes en ce moment sont très gravement malades à l’intérieur et ne sont pas du tout soignées ».

Gadem note enfin beaucoup de cas de violence quand les forces de l’ordre viennent le matin pour appeler les personnes expulsées ou à l’aéroport, au moment d’embarquer, quand certains résistent.

Photo : REUTERS – Jon Nazca
Article tiré de RFI  le 14 octobre 2018

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