Les grandes villes européennes toujours plus chaudes

L’étude de 100 millions de relevés météorologiques par le European Data Journalism Network (EDJNet) montre que les températures moyennes dans 520 cités européennes ont globalement augmenté depuis 117 ans.

Les villes européennes aussi ne sont pas épargnées par le réchauffement des températures planétaires. Globalement, les températures moyennes enregistrées sur Terre ont en effet augmenté de 1,1°C depuis le début des relevés météorologiques en 1880, mais celles relevées dans les grandes villes européennes suivent également cette tendance. Ce sont en tout cas les résultats auxquels est parvenu le European Data Journalism Network (EDJNet), un consortium de médias réunissant par exemple Alternatives économiques ou Spiegel Online, en analysant 100 millions de relevés météorologiques dans 520 grandes villes du vieux continent depuis 1900.

Publiée fin septembre, cette étude a été rendue possible grâce au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), une organisation intergouvernementale dont l’objet est de «réanalyser» les données obtenues depuis différents points de collecte afin de les harmoniser. Que montre-t-elle ? Que les régions européennes qui ont connu le réchauffement le plus important des températures en Europe sont les régions subarctiques, l’Andalousie et le sud de la Roumanie. Ainsi, à Grenade, Cordoue et Malaga, les températures enregistrées dans ces villes en ce début de XXIe siècle sont en moyenne de 1,5°C plus élevées qu’au début du XXe siècle. Elles ont aussi augmenté de 1,4°C à Bucarest, à Helsingborg en Suède ou à Joensuu en Finlande. Par contraste, les villes où les températures moyennes sont le moins en hausse se situent sur la façade Atlantique, à Vigo, Brest ou Galway.

«Îlot de chaleur»

Parmi les villes françaises, voire européennes, étudiées, Lyon figure dans le haut du panier avec une élévation moyenne de 1,1°C des températures en seulement 17 ans. Rue89 Lyon, partenaire de cette enquête d’envergure européenne, indique par ailleurs que depuis 2000, la capitale des Gaules connaît quatre fois plus de jours de canicule – soit 11,5 au total – qu’au XXe siècle, durant lequel on en comptait 3,6. Et la réciproque est vraie pour les nombres de jours de gel sur la même période, en diminution de 30 % au XXIe siècle.

Cette accélération du réchauffement dans certains centres urbains dépasse par ailleurs déjà le seuil de 1,5°C de réchauffement fixé par l’accord de Paris pour limiter le changement climatique. Or, à ce niveau de réchauffement, les scientifiques ont montré que les conséquences, y compris en Europe, étaient visibles et néfastes, avec par exemple une augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur. Ce qui n’est pas sans incidence sur l’espérance de vie, la santé et le bien-être de leurs habitants si les villes ne s’adaptent pas. Et ce d’autant plus qu’elles sont touchées par un phénomène d’ «îlot de chaleur» aggravant l’augmentation des températures en leur cœur même.

Julien Guillot et Florian Bardou
Article tiré de Libération le 18 octobre 2018

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