Réforme du CICE – Des créations d’emplois… mais pas avant 2021

Une nouvelle étude de l’OFCE s’est intéressé à la «bascule» de ce crédit d’impôts aux entreprises en baisse «durable» de cotisations. Selon elle, les choix du gouvernement vont d’abord détruire de l’emploi avant d’en créer.

Des créations d’emplois, oui… mais pas pour tout de suite. Dans ses Perspectives économiques 2018-2020, l’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), de Sciences-Po, s’est penché cette année sur l’«impact» des transformations du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse durable de cotisations patronales en 2019. Et si, comme une précédente étude du Trésor, l’organisme classé à gauche anticipe lui aussi la création de 100 000 emplois grâce à cette mesure inscrite au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, l’OFCE prédit plutôt cette bonne nouvelle en… 2023. Bercy anticipait ces créations d’emplois deux ans plus tôt.

«La mesure se traduira par une nette amélioration de la trésorerie des entreprises qui bénéficieraient à la fois des nouveaux allègements de cotisations dès 2019, en plus des versements de CICE non perçus au titre des années précédentes», écrit l’OFCE dans cette note. Le «restant à verser», selon leurs calculs, «serait de 21,8 milliards d’euros en 2019 et de 40,9 milliards d’euros au total sur la période 2019-2022».

2018-2020 : près de 80 000 emplois détruits

Problème : avant que la mesure ne crée des emplois elle risque d’en… détruire. Car avant de réaliser cette «bascule», le gouvernement a baissé cette année le taux de CICE, le faisant passer de 7% à 6%. Résultat : «Les entreprises accusant dans un premier temps [cette] réduction, poursuivent les auteurs, les effets sur l’emploi seraient négatifs»en 2018 et 2019. Selon l’OFCE, l’effet sera de 17 000 emplois en moins en 2018, près de 40 000 en 2019 et un peu plus de 20 000 en 2020. «A cet horizon, poursuivent-ils, les effets sur le PIB seraient au mieux quasi nuls» «L’effet de trésorerie a un impact quasi nul sur le PIB, compte tenu de la taille du choc qu’il constitue sur les entreprises faisant face à des difficultés de recrutement», explique l’OFCE. Petite baisse (-0,2%) du coût du capital, petite hausse de l’investissement de (0,1%)… «d’où un impact très limité sur le PIB». Donc sur la croissance. Entre les emplois détruits sur la période 2018-2020 et ceux créés sur la période 2021-2023, l’OFCE prévoit donc un solde positif de 28 000 emplois salariés issus des réformes du gouvernement sur le CICE. Bien loin des 100 000 annoncés par Bercy.

Photo : AFP – Loïc Venance
Lilian Alemagna
Article tiré de Libération  le 18 octobre 2018

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