Retraités – «Macron nous considère comme des « nantis »»

Dénonçant la baisse de leur pouvoir d’achat, ils ont manifesté, ce jeudi, à l’appel notamment de la CGT et de FO. Leurs craintes sont partagées par les actifs, selon une enquête de la CFDT.

«Le Gouvernement et sa majorité présidentielle n’ont rien compris à la colère des retraités.» Appelés à manifester, ce jeudi, par neuf syndicats et associations (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA), pour une quatrième journée de mobilisation, les retraités ne veulent pas lâcher : pas question de laisser fondre leur pouvoir d’achat. Au total, plus de 55 rassemblements étaient répertoriés dans toute la France. Les organisateurs espéraient battre le record de la manifestation du 15 mars, qui avait regroupé, selon eux, près de 200 000 participants. Ce jeudi, ils étaient finalement, dans la seule capitale, 15 000 personnes selon les organisateurs (3 500 selon la préfecture de police).

Dans un tract commun, les syndicats dénoncent la volonté du gouvernement de «frapper les retraitées et retraités»«Un choix politique», disent-ils. Parmi leur grief : la sous-revalorisation des retraites de base qui n’augmenteront que de 0,3% l’an prochain, quand la hausse des prix, elle, devrait atteindre 1,3%. Mais aussi l’augmentation de la CSG, entrée en vigueur en janvier. Non compensée pour environ 60% des 16 millions de retraités, la mesure a eu pour effet de diminuer leur pension. Sur ce dernier point, le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis une «correction» qui doit désormais concerner«350 000 foyers». Des députés LREM proposent aussi d’introduire «plus de progressivité dans les taux de CSG» dans le projet de loi de finances en débat à l’Assemblée nationale. Mais cette modification n’a pas l’aval du gouvernement.

«Tout le monde est concerné»

Dans leur tract commun, les syndicats rappellent pourtant la promesse de campagne du président de la République de «préserver» le pouvoir d’achat des retraités. Or, écrivent-ils, aujourd’hui, Emmanuel Macron «nous considère comme des « nantis », diminue le pouvoir d’achat, voire les pensions, et veut mettre fin à l’acquis des retraites». Référence à la future réforme vers un «système universel» voulu par Macron, dont la concertation a repris la semaine dernière. De quoi inquiéter tant les retraités d’aujourd’hui que ceux de demain. Des craintes que l’on retrouve dans les premiers résultats de l’enquête «Parlons retraite» de la CFDT, publiés au même moment.

Selon la centrale de Belleville, qui n’appelait pas à battre le pavé ce jeudi, 70% des retraités ont constaté une baisse de leur niveau de vie lorsqu’ils ont arrêté de travailler. Côté actifs, ils sont 91% à s’attendre à voir leur niveau de vie baisser une fois à la retraite. 10 % anticipent des difficultés pour payer leur loyer ou le fait «qu’ils auront du mal à terminer de rembourser leur crédit immobilier». Près d’un quart des actifs pense aussi «qu’ils ne seront pas capables d’assumer leurs dépenses courantes» après avoir arrêté de travailler. Le gouvernement «applique maintenant aux personnes retraitées ce qu’il veut faire avec sa réforme à points en 2019», alertent, de leur côté, les signataires du tract. Et d’ajouter : «Tout le monde est concerné, actifs, futurs retraités, actuels retraités.»

Photo : Denis Allard
Amandine Cailhol 
Article tiré de Libération  le 18 octobre 2018

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