Des péages urbains bientôt aux portes des grandes villes ?

C’est une idée qui n’est pas nouvelle, mais qui semble de plus en plus réalisable : installer des péages urbains à la porte des grandes villes de France. François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, l’a évoqué jeudi : les élus locaux auront des possibilités, dans le projet de loi sur les transports, de mettre en place ces péages. Concrètement, pour rentrer dans une ville, les automobilistes devront s’acquitter de quelques euros.

Le concept est de faire payer aux automobilistes l’accès aux agglomérations. L’objectif est de limiter la circulation en voiture, lutter contre la pollution et les nuisances environnementales. Dans les villes de plus de 100 000 habitants, le prix pour circuler serait de 2,50 euros, tandis qu’il serait de cinq euros pour les agglomérations de plus de 500 000 habitants, comme Paris, Lyon ou Marseille. L’argent récolté ira aux collectivités locales pour leur fonctionnement. Les personnes qui vivent ou qui travaillent à l’intérieur des zones concernées pourraient être exemptées ou bénéficier de réductions.

En 2007, le péage urbain a déjà été évoqué lors du Grenelle de l’environnement. Il pouvait être mis en place, mais les conditions de son application étaient trop compliquées. Les élus intéressés n’ont donc pas pu mettre en œuvre le processus.

Le projet n’a jamais été enterré puisqu’il fera partie de la prochaine loi sur l’orientation des mobilités qui sera examinée en début d’année prochaine par le Parlement.

Un succès en Europe

Quand les péages urbains sont évoqués, l’exemple de Londres est mis en lumière. Le centre de la capitale britannique est soumis à cette taxation depuis quinze ans. Les automobilistes ne s’acquittent pas de frais de péages urbains, mais de charges de congestion, la ville étant prise d’assaut par les automobilistes entre 7h et 18h. Pour rouler dans le centre de Londres, ils doivent débourser environ 13 euros par jour.

En Italie, Milan a également instauré ce système en 2007. Mais bien avant, en 1986, le premier péage urbain en Europe a été installé à Bergen, en Norvège. Depuis, le pays en compte six. L’objectif était de faire payer aux automobilistes les coûts de construction et d’entretien du réseau routier. Même initiative à Oslo ou à Stockholm.

Un bilan positif

Dans les pays scandinaves, le péage urbain est un réel succès. A Londres, le nombre de véhicules dans le centre a diminué de 30% en quinze ans, mais la pollution a, quant à elle, très peu diminué. La mairie envisage même d’étendre la taxe aux véhicules avec chauffeurs, qui en sont exemptés, comme les taxis et certains deux roues.

En Italie, la ville de Milan ne fait plus partie des dix agglomérations les plus polluées du monde depuis l’instauration de son péage urbain. En 2011, les trois quarts de la population milanaise s’étaient prononcés pour l’extension du dispositif. Devant un tel succès, l’Italie a même développé des systèmes similaires dans une quarantaine d’agglomérations du pays, dont Rome.

Même si le dispositif semble fonctionner dans ces différentes villes européennes, l’instauration des péages urbains dans les agglomérations françaises est encore en débat puisque les maires des principales métropoles françaises ne sont pas favorables à ce système.

Photo : AFP
Stéphane Geneste
Article tiré de RFI  le 19 octobre 2018

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