Contre l’«opération de police politique», les insoumis exigent un juge d’instruction

Avocats et militants de La France insoumise ont tenu, ce jeudi, une conférence de presse afin de demander l’ouverture d’une instruction dans les enquêtes qui concernent leur mouvement.

Tonnant depuis plusieurs jours contre une «opération de police politique», Jean-Luc Mélenchon veut continuer à occuper le terrain médiatique. Une semaine après la quinzaine de perquisitions coordonnées qui ont visé son domicile personnel, ceux de militants et le siège de La France insoumise, une équipe d’avocats organisait une conférence de presse, ce jeudi, dans les locaux du parti. Constitués en pool de défense pour l’occasion, leurs conseils dénoncent une «opération sans précédent, comparable aux affaires de criminalité organisée» et demandent désormais l’ouverture d’une information judiciaire.

Cadre juridique

La France insoumise est en effet visée depuis plusieurs mois par deux enquêtes préliminaires dirigées par le parquet de Paris. L’une s’intéresse à l’éventuelle fictivité du travail d’assistants parlementaires de Jean-Luc Mélenchon en tant qu’eurodéputé, tandis que l’autre se concentre sur des soupçons de surfacturation de dépenses de campagne lors de l’élection présidentielle de 2017.

C’est justement le cadre juridique de ces deux enquêtes que l’équipe d’avocats conteste dans une lettre adressée hier à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Selon eux, le parquet agirait sur ordre politique, comme «bras armé du pouvoir exécutif», raison pour laquelle ils exigent l’ouverture d’une information judiciaire : «A ce jour, la défense est privée de l’accès à un juge indépendant et impartial.» La désignation d’un juge d’instruction permettrait effectivement d’accéder aux différents éléments de l’enquête et de contester des décisions procédurales et des actes d’investigation. «Ce n’est donc pas un aveu de culpabilité», tient tout de même à préciser, avec un sourire, l’un des avocats.

Offensive médiatique

L’avocat de Sophia Chikirou, David Marais, en a également profité pour poursuivre l’offensive médiatique de l’ancienne conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon. Toujours proche du leader de La France insoumise, Chikirou, a facturé au candidat près de 1,2 million d’euros de prestations via Mediascop, son agence de communication. Plusieurs sommes avaient notamment intrigué la commission des comptes de campagne, qui suspectait des surfacturations. «La société a appliqué les prix du marché», plaide Me Marais, qui a refusé de répondre au sujet des marges dégagées par la société de sa cliente. Invitant là encore chacun à se référer «aux montants habituels». Sans beaucoup plus de précision.

Photo  : Marc Chaumeil
Ismaël Halissat
Article tiré de Libération  le 25 octobre 2018

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