Cinéma – « Fahrenheit 11/9 » de Michael Moore

Etats-Unis – 2018
Titre original : 
Réalisation : Michael Moore
Scénario : Michael Moore
Interprètes : Donald Trump, Michael Moore, Emma Gonzalez
Distribution : TF1 Vidéo
Durée : 2h03
Genre : documentaire
Date de sortie : 31 octobre 2018 (e-Cinéma)

4/5

Fahrenheit 9/11 : Palme d’Or du Festival de Cannes 2004. Michael Moore s’attaque à George W. Bush avec un titre qui fait référence au 11 septembre 2001 : 9/11, aux Etats-Unis, les mois viennent avant les jours. Vous inversez le 9 et le 11 : 11/9, le 9 novembre. Lequel ? Celui de 2016. A 2 h 29 du matin, le 9 novembre 2016, Donald Trump est officiellement élu Président des Etats-Unis. Michael Moore ne pouvait pas ne pas réaliser un film autour de cet événement : l’événement lui-même, mais, surtout, ce qui s’est passé avant, ce qui s’est déjà passé après et ce qui peut arriver dans le futur.

Synopsis : Le 9 novembre 2016, Donald Trump est élu 45ème Président des Etats-Unis. Quinze ans après sa Palme d’Or, Michael Moore s’attaque désormais à cette figure controversée.
Comment l’Amérique en est arrivée là et comment peut-elle s’en sortir ? Ce nouveau brûlot dresse un portrait au vitriol de l’époque dans laquelle nous vivons et appelle à la résistance contre Trump.

Une victoire inattendue … même pour lui !

En ce début du mois de novembre 2016, les signaux sont au vert pour Hillary Clinton et la soirée électorale commence bien. Mais lorsque arrivent les résultats de l’Ohio, de la Caroline du Nord, de la Floride, du Wisconsin, etc., la tendance s’inverse et l’élection de Donald Trump, ce bouffon milliardaire auquel les spécialistes ne donnaient aucune chance,  semble devenir possible puis probable. Et le 11 novembre 2016, à 2 h 29 du matin, cette élection devient officielle. « How the fuck did this happen ? », se demande Michael Moore. Comment cela est-il arrivé ? C’est, avec beaucoup d’autres choses, ce que Fahrenheit 11/9 s’efforce de nous expliquer. De façon un peu brouillonne tout en étant passionnante. C’est ainsi que, d’après Michael Moore, Donald Trump se serait lancé dans la course à la présidence lorsqu’il a découvert que Gwen Renée Stefani, jurée dans The Voice, avait un salaire plus important que lui, animateur de The Apprentice : le simple espoir d’avoir une petite augmentation de salaire de la part de NBC aurait été sa motivation de départ ! Ensuite, le bagout de Trump, ses provocations, ses mensonges l’ont aidé à gagner les primaires du Parti Républicain puis la bataille finale, une issue inattendue, même pour lui-même. L’ont seulement aidé … En effet, pour Michael Moore, Trump a reçu une aide importante de la part des … démocrates : la politique de droite menée par Bill Clinton, poursuivie par Barack Obama, les trucages en faveur d’Hillary Clinton, contre Bernie Sanders, opérés par les cadres du Parti Démocrate lors des primaires, en particulier en Virginie Occidentale, tout cela a détourné des élections une partie importante des électeurs de gauche et a fait des abstentionnistes le plus grand parti du pays. Tout cela, certes, n’a pas empêché Hillary Clinton d’obtenir plus de voix que Donald Trump, mais dans ce grand pays démocratique que sont les Etats-Unis, cela n’est pas forcément suffisant !

Quel futur ?

Loin de se contenter de raconter, « à la Michael Moore », la façon dont Donald Trump est arrivé à la tête des Etats-Unis, le réalisateur a choisi de parler longuement du futur. Avec un côté pessimiste et un côté optimiste. Le côté pessimiste, c’est, par exemple, de montrer ce que peuvent donner à l’échelle du pays les politiques menées à l’échelle d’un Etat par des gouverneurs proches de Trump. L’Etat du Michigan, par exemple, avec le gouverneur Rick Snyder qui n’a rien fait, bien au contraire, pour empêcher l’empoisonnement des habitants de Flint avec de l’eau impropre à la consommation : « Aucune organisation terroriste n’avait trouvé le moyen d’empoisonner la population d’une ville du Michigan, le parti républicain et son PDG, le gouverneur Snyder, y sont arrivés ! ».

Le côté optimiste, ce sont, un peu partout, des citoyens qui s’organisent pour s’investir dans la politique, que ce soit à l’intérieur du Parti Démocrate ou en dehors. Beaucoup de femmes (dont Rashida Tlaib qui, le 6 novembre, sera la première musulmane et première américano-palestinienne à être élue au Congrès), beaucoup de jeunes aussi, en particulier après la fusillade du 14 février 2018 à Parkland, en Floride, tuerie qui a entrainé, de la part de la jeunesse, un mouvement d’une importance sans précédent contre les armes à feu et a vulors de l’énorme manifestation « Marche pour nos vies » du 14 mars 2018, l’arrivée sur la scène politico-médiatique d’une jeune étudiante charismatique, Emma Gonzalez. Son intervention conclut le film, accompagnée de la reprise de « With god on our side » de Bob Dylan par l’artiste canado-somalien K’Naan.

Un film important

On commence à bien connaître Michael Moore et la façon très personnelle qu’il a de traiter les sujets qui lui tiennent à cœur, même si, dans Fahrenheit 11/9, il se met moins souvent en scène que d’habitude. En tout cas, c’est un réalisateur clivant : on aime ou on n’aime pas ! Comme d’habitude, il tape très fort, dressant un parallèle entre Trump et Hitler, s’en prenant véhémentement à celui qui, pour beaucoup, est toujours une icône : Barack Obama en personne.  Et puis, il est difficile de rester indifférent face à ce qu’il nous montre ici et qui nous concerne tous : parce que la politique menée par Trump a de nombreux impacts sur notre existence (Ne dit-on pas que, vue l’influence des Etats-Unis sur l’ensemble de la planète, ce sont tous les habitants de cette dernière qui devraient participer à l’élection du Président des Etats-Unis !), parce que les causes de l’élection d’un Trump à Washington peuvent se reproduire dans de nombreux pays, y compris en France.

Conclusion

Michael Moore a toujours attiré beaucoup de spectateurs dans les salles hexagonales. Dopé par sa Palme d’Or, Fahrenheit 9/11 avait même dépassé la barre des 2 millions de spectateurs, ce qui énorme pour un documentaire. On peut donc s’étonner que Fahrenheit 11/9 ne sorte pas en salles. Toutefois, en réfléchissant bien, on peut se demander si, finalement, cette sortie en e-Cinéma n’attirera pas un plus grand nombre de spectateurs qu’une sortie en salles. En tout cas, on peut le souhaiter car ce film passionnant le mérite.

Jean-Jacques Corrio, Critique Film

 

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