SNCF – Fermetures de guichets, un avant goût amer du pacte ferroviaire

La SNCF a dévoilé sa stratégie d’entreprise, en développant l’offre à bas coût de ses Ouigo et en sacrifiant au passage des guichets et des dessertes. En PACA, 45 emplois sont menacés dans les gares, 60 chez les contrôleurs.

Un avant goût du pacte ferroviaire que les cheminots et leurs syndicats ont longuement combattu se met en place avec la stratégie d’entreprise de la SNCF.

Présentée récemment en comité d’entreprise, l’offre low-cost avec les Ouigo que la SNCF envisage de renforcer pour concurrencer l’aérien et développer des parts de marché, tout en procédant à la fermeture de guichets et de dessertes.

« Le prix de cette rentabilité passe par la fermeture de guichets et de gares et l’abandon de certaines dessertes » , avance Jean-Marie Valencia élu CGT au CE des cheminots PACA. « La SNCF nous parle d’orientation, mais c’est un vrai saccage, avec des fermetures de gares et de guichets. Tous ces projets seront mis en place en décembre », ajoute le syndicaliste et conducteur de train.

Des gares fantômes

Sont menacées les gares d’Antibes, d’Arles, des Arcs, Saint-Raphaël. Dans la gare d’Avignon-centre, où 13 emplois sont menacés, il n’y aura plus du tout de vente au guichet. A Aix-Ville idem avec 8 suppressions d’emplois, Arles perd 4 emplois, les Arcs 5 et à Marseille Saint-Charles 15 postes de guichetier seront supprimés.

La SNCF s’appuie sur le développement d’Internet pour supprimer des guichets, mais l’essentiel de la vente à distance passe par le 36-35 avec un agent au bout du fil. Des petites gares seront sacrifiées dans les Hautes-Alpes. À Mont-Dauphin, on compte pourtant 823 200 voyageurs par an pour une commune de 2 300 habitants. Pour remplir le vide laissé par ces déserts ferroviaire, la SNCF envisage de mettre en place des camions mobiles. Les efforts seront concentrés sur les gares TGV de la région où 37 % des trains à grande vitesse sont en circulation.

Des trains à plusieurs vitesses

Le développement des trains à bas coût, va se solder par la perte sèche de près de 60 emplois de contrôleurs. On sait que les possibilités de reclassement sont très minces à la SNCF. Et la réforme ne va rien arranger à l’affaire.

Pour redorer son image, l’entreprise envisage de séquencer son activité en « inversant la tendance, avec le déploiement d’Inoui », explique Jean-Marie Valencia. Car si la part de marché des Ouigo reste stable, celle des Inoui, à la veille de l’ouverture à la concurrence pourrait s’avérer bien plus rentable, avec une clientèle prête à payer le prix de nouveaux services dans les rames. L’entreprise distingue désormais non pas deux, mais plusieurs sortes de clientèle, celle du quotidien, du monde des affaires et des loisirs. Suivant les plages horaires pour un Marseille-Toulon, un billet de train sera plus ou moins cher en fonction de sa fréquentation. Il vaudra mieux se déplacer aux heures de pointe, pour voyager moins cher. Un transport à la carte, à plusieurs vitesses se met progressivement en place.

« C’est ce que nous n’avions de cesse de dénoncer au moment de nos mobilisations. C’est l’esprit du service public, d’égalité d’accès qui est sérieusement remis en question », s’agace Jean-Marie Valencia.

Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise  le 31 octobre 2018

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s