Laurent Tramoni – « Le gouvernement abandonne la priorité à l’éducation »

Secrétaire académique du Snes-FSU Aix-Marseille, principal syndicat des enseignants du second degré, Laurent Tramoni, explique les raisons du mécontentement des personnels de l’éducation.

La Marseillaise : Violence à l’école, suppressions de postes, réformes… de quoi cette grève est-elle le nom ?
Laurent Tramoni : C’est une grève déterminante parce que le gouvernement est en train d’abandonner la priorité à l’éducation et de renouer avec les suppressions de postes, en particulier dans les collèges et les lycées.

Il y a toujours la priorité affiché au 1er degré, même si on y créé pas assez de postes. Le solde est négatif. Le problème c’est que l’on voit bien que les adolescents que l’on scolarise sont confrontés à des difficultés que l’on va négliger. Pendant les vacances de la Toussaint le mouvement « Pas de vagues » a permis de rappeler qu’enseigner n’est pas facile. Il y a un ras-le-bol qui s’exprime parce que les professeurs sont en première ligne, se démènent, mais, en face, on n’arrête pas de les critiquer et de les remettre en cause.

C’est la fin de la priorité à l’éducation, mais c’est aussi le début de son démantèlement ?
C’est le début du démantèlement de l’éducation en lycée, parce qu’on se rend compte que les suppressions de postes concernent les lycées généraux, technologiques et professionnels, parce qu’au-delà de 16 ans, la scolarité obligatoire n’existe pas. C’est l’enjeu des réformes programmées pour 2019.

Est-ce que les parents et les enseignants ont conscience des changements impulsés par ce gouvernement ?
Les parents pas du tout, parce que le ministre a un discours démagogique. Il assure le marketing de ses réformes en prétextant que les élèves vont pouvoir choisir leurs enseignements.

On les séduit avec un discours sécuritaire. Mais les professeurs qui travaillent à la préparation de la rentrée 2019 touchent du doigt le fait qu’il y a un gouffre entre le discours et la réalité qui se prépare. C’est à dire une désorganisation des lycées, avec des classes qui explosent et des enseignements à la carte très complexes à organiser.

Il n’y a rien d’inédit, on a l’impression d’être revenu à l’époque de Sarkozy. Les réformes se sont accumulées et ont rendu l’édifice fragile. On attend de la grève un changement de séquence, où l’initiative n’est plus celle de Macron, mais des acteurs de terrain qui reprennent la main.

Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise 

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