Carburants – Edouard Philippe annonce une série d’aides

A trois jours de la mobilisations des «gilets jaunes», le Premier ministre a annoncé un train de mesures en faveur des automobilistes modestes et des propriétaires de cuves de fioul.

Revenir sur la hausse des taxes sur les carburants, pas question : Edouard Philippe a défendu, mercredi matin sur RTL, la «trajectoire énergétique» censée encourager des systèmes moins polluants de déplacement et de chauffage. Mais à trois jours de la mobilisation des «gilets jaunes», le Premier ministre a aussi annoncé un train de mesures d’«accompagnement» à destination des particuliers.

Prié par Emmanuel Macron d’aller «beaucoup plus loin» que les premières décisions, annoncées la semaine dernière par le chef de l’Etat, l’exécutif veut développer «massivement» la prime à la conversion des véhicules. Cette aide publique, versée pour le remplacement d’un vieux véhicule par un modèle moins polluant, peut aujourd’hui atteindre 2 000 euros. Ce montant sera doublé pour «les 20% les plus pauvres» ainsi que pour les salariés non imposables les plus éloignés de leur lieu de travail, a promis Edouard Philippe, évoquant une distance quotidienne de «soixante ou soixante-dix kilomètres». Le Premier ministre souhaite qu’un million d’automobilistes recourent à cette prime sur le quinquennat.

Avantage fiscal

Le chef du gouvernement souhaite également «modifier et élargir» le système des indemnités kilométriques, des allocations versées par l’employeur sur la base de la puissance du véhicule et de la distance parcourue. L’exécutif veut aider les «grands rouleurs» dépendant de «petites cylindrées» : «Ceux qui roulent beaucoup, mais avec des voitures qui consomment peu ou polluent peu», a-t-il résumé, À la clef : un «avantage fiscal qui dépendra évidemment de l’intensité avec laquelle ils utilisent leur véhicule».

Comme annoncé la semaine passée par Emmanuel Macron, les éventuelles aides kilométriques versées par les collectivités seront aussi défiscalisées. Seule la région Hauts-de-France a pour l’instant annoncé un tel dispositif. Le gouvernement va également «défiscaliser les aides au covoiturage», a ajouté Édouard Philippe.

Extinction du fioul

Deux mesures concernent en outre les particuliers se chauffant au fioul, eux aussi touchés par la hausse des taxes. Le nombre de bénéficiaires du chèque énergie, une aide réservée aux ménages modestes et qui leur permet de régler une partie de leur facture de chauffage, va passer de 3,6 millions à 5,6 millions. Ces derniers bénéficieront aussi de l’augmentation, déjà annoncée, du montant du chèque, qui va passer de 150 à 200 euros en moyenne.

Cette «mesure sociale de court terme» se double d’un objectif plus structurant : «faire en sorte qu’à la fin du prochain quinquennat, il n’y ait plus de chauffage au fioul individuel en France», a exposé Edouard Philippe. Souhaitant «développer la prime à la conversion des chaudières», de sorte qu’un «tiers du coût global de remplacement» soit pris en charge. Toutes ces mesures doivent, qui concernent le budget 2019, entrer en vigueur au 1er janvier prochain. Leur coût global serait de 500 millions, selon Edouard Philippe.

Enfin, comme annoncé récemment par Emmanuel Macron, le gouvernement «travaille» sur une baisse du coût du permis de conduire, «dont chacun sait qu’il est extrêmement élevé, avec des délais parfois très longs, sans qu’on ait en contrepartie des résultats exceptionnels en matière de sécurité routière», a commenté Edouard Philippe. Renvoyant les annonces à la présentation de la Loi d’orientation des mobilités, qui doit être présentée le 27 novembre.

«Mettre le bololo»

Alors que les «gilets jaunes» souhaitent manifester samedi sur de nombreux axes routiers, le Premier ministre a averti «ceux qui veulent bloquer» ou «mettre le bololo» (sic) : «L’entrave à la circulation, c’est sanctionné. Vous avez le droit de manifester, mais il faut prendre ses responsabilités.» Promettant de prendre, au besoin, «les mesures qui s’imposent» pour faire dégager les voies. Au sujet d’une Marine Le Pen particulièrement engagée en faveur du mouvement, Edouard Philippe évoque un «calcul politique transparent», jugeant que la présidente du parti «aimerait que les choses dérapent».

Quant aux nombreuses critiques visant sa politique, le chef du gouvernement a rétorqué que «ce pays crève de ne pas avoir été réformé, de cette politique en godille, tranquille». Attaquant ceux qui «pendant la présidentielle mettaient en avant la taxe carbone et disent le contraire aujourd’hui». La mesure figurait notamment au programme du candidat socialiste Benoît Hamon.

Photo : AFP – Jeff Pachoud
Dominique Albertini
Article tiré de Libération  le 14 novembre 2018

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