Gaza – Un cessez-le-feu salué côté palestinien, décrié en Israël

L’enclave palestinienne a connu ces derniers jours une flambée de violence entre lundi et mardi, 460 roquettes ont été lancées et 160 sites gazaouis bombardés, selon l’armée israélienne. L’Égypte a pesé de tout son poids pour mettre fin aux violences, avec un accord trouvé avec le mouvement du Hamas et les groupes armés palestiniens. Le cessez-le-feu semble tenir ce mercredi matin 14 novembre et fait réagir des deux côtés de la barrière de séparation.

Après 24 heures d’une violente confrontation – la plus violente entre les groupes armés palestiniens et Israël depuis la fin de la guerre de 2014 – les hostilités ont cessé. Le cessez-le-feu a été annoncé hier en fin d’après-midi par le Hamas, après d’intenses tractations menées par l’Égypte et le l’ONU, rappelle notre envoyé spécial à gaza, Guilhem Delteil.

Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, a salué cet accord, estimant que la résistance palestinienne, a-t-il dit, « a défendu le peuple palestinien » contre ce qu’il a appelé « l’agression israélienne ». Il a assuré que ce cessez-le-feu serait respecté de la part des groupes armés de Gaza, « tant que l’occupation israélienne adhère à la trêve ».

Dans la soirée, ce cessez-le-feu restait encore très précaire. Les drones israéliens ont continué de survoler la bande de Gaza et les bateaux israéliens sont restés proches des côtes. La nuit a donc été un test, mais les tirs de roquettes et les bombardements se sont bien arrêtés et les drones sont moins présents désormais dans le ciel gazaoui.

L’annonce du cessez-le-feu a été saluée par les habitants de Gaza qui sont descendus dans la rue pour célébrer ce qu’ils percevaient comme une victoire.

Crise ministérielle en Israël

A l’inverse, de l’autre côté de la barrière de séparation, une partie de la population des localités proches de la frontière avec Gaza font part de leur mécontentement. Quelques centaines d’habitants se sont rassemblés dans la ville israélienne de Sdérot pour dénoncer ce qu’ils voyaient comme « une capitulation » face au Hamas. Ce matin, une poignée de manifestants bloquent Kerem Shalom, le principal point de passage avec l’enclave palestinienne, s’estimant « les otages du Hamas ».

Mais du côté du gouvernement aussi, l’accord ne cesse de provoquer des remous, pointe notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Car au niveau politique, l’aile droite du gouvernement rue dans les brancards. Quatre ministres au moins sont opposés à l’accord de trêve et ont proposé lors de la réunion du cabinet de sécurité israélien de mardi de poursuivre les opérations militaires dans la bande de Gaza.

Le ministre de la Défense lui-même doit réunir à la mi-journée sa formation parlementaire. Et on laisse entendre qu’Avigdor Lieberman pourrait annoncer sa décision de démissionner. On reproche à Bienyamin Netanyahu de n’avoir pas tenu compte de l’avis de la droite et d’avoir uniquement suivi les recommandations de l’échelon militaire.

L’opposition de gauche en Israël qualifie le comportement de Netanyahu de honteux. Et un commentateur fait remarquer qu’il n’est plus question d’élections anticipées car le taux de popularité de Netanyahu est en chute libre

Photo AFP/Mahmud Hams
Article tiré de RFI  le 14 novembre 2018

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