Les « potes » marchent toujours pour l’égalité

Trente-cinq ans après « la marche pour l’égalité et contre le racisme », communément appelée « la marche des beurs », un nouveau tour de France de l’égalité est parti lundi de Marseille. Avec des revendications toujours aussi actuelles.

Lutte contre les discriminations à l’emploi, au logement… Les « marcheurs de l’égalité » sont venus présenter hier l’action de la « Maison des potes » dans le centre social Saint Just, à quelques pas de la cité Corot à Marseille. Dans la salle, des mères de famille, sont particulièrement attentives lorsque sont abordées les questions touchant à l’insertion professionnelle. L’une s’inquiète pour son fils qui ne trouve pas de travail ; l’autre pour celui qui n’a pas obtenu de place en fac.

Toutes se rappellent de la galère de leurs enfants pour trouver un stage d’observation en troisième. Parmi les marcheurs, Nouara, répond aux interrogations en présentant le dispositif « SOS stages » : elle-même passe des centaines de coups de fil afin de convaincre des recruteurs d’employer des jeunes avec des noms qui « ne sonnent pas très français. » âgée de 29 ans, elle en est à son troisième « Tour de l’égalité ». C’est après avoir vécu ces discriminations au quotidien, pendant des années, qu’elle a décidé de rejoindre une Maison des potes : « Quand on est seul, on ne se rend pas forcément compte que ce que l’on vit n’est pas normal. On se dit qu’on est en France, que ce n’est pas possible. Le collectif aide à briser cette spirale infernale. »

Des victoires qui redonnent espoir

Avec l’association, elle a trouvé une façon de prendre sa revanche. Elle qui n’est jamais parvenue à trouver un apprentissage, malgré des centaines de CV envoyés, elle qui s’est vu refuser un logement au moment de signer le bail alors que son dossier était parfaitement en règle, fait désormais passer des « testings » aux entreprises et aux agences immobilières afin d’engager des actions en justices contre celles prises en flagrant délit de discrimination. Autant de victoires sur le quotidien qui redonnent espoir.

Car sur le plan politique, les revendications des « potes »ne sont toujours pas entendues. La mise en œuvre du CV anonyme obligatoire, sans nom, adresse, ni photo, pour les entreprises de plus de cinquante salariés, a été enterrée lors de l’adoption de la loi Rebsamen en 2016. « Le gouvernement se repose sur la bonne volonté des entreprises, mais cela ne suffit pas, 95% d’entres elles ne font pas le nécessaire », déplore le délégué général de la Maison des Potes Samuel Thomas. Pourtant, d’après un sondage, réalisé par Harris Interactive à la demande de la Maison des potes, les revendications de l’association sont toutes soutenues par une majorité de Français.

« On appelle à faire barrage contre Le Pen aux élections, mais on ne se donne pas les moyens d’une véritable victoire idéologique contre le Front national ».

L’urgence, désormais, c’est de recruter de nouveaux « potes » afin de continuer le combat. Après leur passage à Marseille, les Marcheurs feront escale à Aix, Fréjus, Nice La Roya… Jusque dans le nord, avant d’arriver à Bruxelles le 15 décembre. « On essaye de recruter des gens à chaque étape, poursuit Samuel Thomas. Il reste encore trois places dans la voiture. » A bon entendeur !

Infos sur maisondespotes.fr

Gabrielle Trottmann
Article tiré de la Marseillaise  le 14 novembre 2018

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