« Au quotidien, l’impression, c’est d’être noyée » – Une agent de Pôle emploi explique pourquoi elle fait grève

Les agents de l’organisme public sont appelés à faire grève, mardi 20 novembre. Ils dénoncent la suppression prévue de 800 postes en 2019 dans toute la France, et lancent un cri d’alarme sur leurs conditions de travail. 

Chaque jour, le même sentiment revient pour Marie Rocher. « La sensation, c’est d’être un peu noyée sous la masse de choses à faire », confie cette agent de Pôle emploi, conseillère en accompagnement dans une agence de Loire-Atlantique. A 55 ans, elle a décidé de faire grève, mardi 20 novembre.

Elle ne sera pas seule. L’intersyndicale de Pôle emploi a appelé à un mouvement national de grève mardi, afin de dénoncer les 800 suppressions de postes prévues en 2019 – et les quelque 4 000 qui s’annoncent avant 2022, selon les syndicats.

« De telles suppressions de postes ne pourront pas se faire sans dégrader le service rendu aux demandeurs d’emploi et aux employeurs », s’inquiète l’intersyndicale dans un communiqué.

De telles suppressions de postes ne pourront pas se faire sans dégrader encore plus les conditions de travail du personnel de Pôle emploi.L’intersyndicale de Pôle emploi dans un communiqué

« On le voit déjà [avec] la baisse du nombre d’agents en charge de l’indemnisation, ainsi qu’avec les portefeuilles de demandeurs d’emploi qui continuent d’exploser », alertent les syndicats.

« Toutes les agences sont concernées »

Déjà surmenée, Marie Rocher, syndiquée au SNU Pôle Emploi, partage ces inquiétudes. Dans son agence, quelque dix agents partiront bientôt en retraite – sans être remplacés. Une situation loin d’être isolée : « Si je prends un exemple tout proche de nous, c’est Saint-Nazaire, où ils ont eu six départs en retraite dans les six-huit derniers mois, et quatre à venir », regrette l’agent. « Toutes les agences sont concernées » par les suppressions de postes, assure-t-elle.

Avec ces départs non remplacés, la conseillère sait que son « portefeuille » (le nombre de demandeurs d’emploi qu’elle accompagne) ne fera que grandir. Il est pourtant déjà très important. « Un agent, nous dans notre agence, en moyenne, c’est 490 personnes à suivre », explique-t-elle.

En moyenne par agent, [nous avons] neuf jours et demi de réception (…) ce qui fait une moyenne par demandeur d’emploi de quatre minutes par mois et par demandeur.Marie Rocher à franceinfo

« Si le portefeuille gonfle à 550, 580, là, c’est une mission impossible », souffle l’agent.

Valentine Pasquesoone
Article tiré de Franceinfo  le 20 novembre 2018

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