Marseille – 1105 habitants évacués. Et ça continue.

Le drame de la rue d’Aubagne a mis en lumière l’incroyable vétusté des logements marseillais. Les évacuations d’immeubles n’en finissent plus. Depuis le 5 novembre, ce sont plus de 1100 habitants qui ont dû quitter leur foyer. Tous ne sont pas relogés.

Leur nombre ne cesse de croître : ils sont maintenant 1105 Marseillais à ne plus pouvoir accéder à leur logement. Nul doute que ces évacuations en chaînes vont se poursuivre tant l’urgence de la situation pousse enfin les services de la mairie à agir.

48 immeubles ont été évacués dans le périmètre de la rue d’Aubagne mais pas seulement. Au total, 142 immeubles ont été vidés de leurs habitants depuis le 5 novembre, selon les derniers chiffres de la municipalité. Dimanche trois immeubles du boulevard de la Libération, dans le 1er arrondissement, étaient aussi sous le coup d’une « levée de doute ». Suite à un signalement concernant le numéro 129 du boulevard, les numéros 102 et 131 ont été évacués par principe de précaution. Les habitants du 131 ont pu regagner leur chez-eux, mais ce n’est pas le cas pour les 11 du numéro 129 et les 8 du 102.

La plupart ont pris la direction de l’hôtel, en attente de relogement. Une situation que connaissent 857 autres Marseillais hébergés actuellement par la Ville, dans plus de 15 hôtels de la commune. Ils sont seulement 210 à avoir trouvé une solution de logement temporaire par leurs propres moyens. Face à un nombre d’évacués grandissant, un nouveau point d’accueil des populations évacuées (Pape) a ouvert ses portes lundi, au 2 rue Beauvau (1er) à partir de 8h30.

Peu de propositions de relogement

Si l’hébergement d’une partie des évacués semble être peu à peu assuré par la mairie, les propositions de relogement ne suivent pas. Seuls 3 ménages ont accepté un relogement temporaire, et 6 baux ont été signés. De son côté, la Ville assure avoir identifié 190 logements sociaux disponibles, dont 76 en centre-ville, en plus de 11 logements privés. Près de 200 logements disponibles pour 1 000 Marseillais en attente, le calcul est vite fait : 800 n’ont pas de solution pérenne.

Charge aux propriétaires de reloger leurs locataires si évacuation après arrêté de péril il y a indique la mairie dans un communiqué. « Le nouveau logement doit être décent et correspondre aux besoins des occupants », rappelle-t-elle. Pour l’instant, 7 arrêtés ont été pris et 33 signalements ont fait l’objet de levées de doutes qui ont permis aux personnes évacuées de regagner leur logement. C’est le cas pour certains résidents des immeubles voisins du 1 rue Lafon (6e), évacués le 8 novembre dernier. Qu’en est-il pour les 351 autres signalements « en cours de traitement » ? Signalant son cas dans le cadre de l’enquête citoyenne lancée par La Marseillaise via le #balancetontaudis, un Marseillais s’interroge  : « Mon immeuble a été visité par la mairie en 2017. Décrété insalubre et dangereux. Aucun travaux depuis… Ils doivent attendre que ça s’effondre pour nous reloger au cimetière ».

Amaury Baqué
Article tiré de la Marseillaise  le 20 novembre 2018

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