Un campus régional pour élèves «méritants» des quartiers en difficulté de Paca

La Région Sud Paca subventionne un institut pour aider les meilleurs élèves des quartiers difficiles. Initiative louable à première vue, mais qui entraîne mécaniquement l’abandon des enfants qui ne répondent pas aux critères de « mérite » établis par les organismes.

De bons élèves des quartiers difficiles ont-ils toutes les clefs en main pour réussir un parcours scolaire d’excellence ?

Si l’Éducation nationale réussit plutôt bien à faire progresser ses bons élèves, c’est dans la représentation qu’ils ont de leur avenir que les élèves des quartiers dits sensibles trébuchent à la première marche. Car si pour un enfant de cadre ou de médecin, le chemin est souvent tout tracé, pas évident pour les enfants des milieux populaires, de s’imaginer un jour cadre d’entreprise ou médecin. « Souvent c’est pas très clair dans ma tête, le campus de l’institut nous pousse à être meilleur », souffle Chiraz. L’élève de seconde au lycée Diderot, à Marseille a intégré aux vacances de la Toussaint un campus d’approfondissement des savoirs de l’institut Louis-Germain.

Créées en 2014 par Julien Puel, ancien cadre, passé par la case chômage, ces écoles de luxe proposent à des collégiens et des lycéens triés sur le volet un approfondissent de leurs connaissances avec l’aide d’enseignants volontaires de l’Éducation nationale.

Des campus à Marseille, Toulon et Avignon

Vendredi 16 novembre, à l’hôtel de Région, le président LR Renaud Muselier vendait cette expérience comme modèle de « méritocratie », dans le cadre des premières Rencontres de l’excellence. La Région soutient depuis deux ans l’institut qu’elle subventionne cette année, à hauteur de 70 000 euros. L’initiative est également soutenue par le rectorat qui a demandé à ses chefs d’établissements de détecter des élèves. Dix-huit établissements d’Avignon, Marseille et Toulon envoient régulièrement les leurs suivre ces cours de renforcement. 270 élèves de 5e à la terminale bénéficient cette année du dispositif. Dispositif, louable à première vue, mais qui s’appuie sur la notion très subjective de « mérite », et surtout abandonne mécaniquement à leur sort, tous les autres élèves de ces zones difficiles. Alors que dans le même temps, le gouvernement annonce, dès la rentrée prochaine, une remise en cause radicale des zones d’éducation prioritaire.

Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise  le 20 novembre 2018

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