Les banques françaises financent toujours les énergies fossiles

Lundi 26 s’ouvrent les Climate finance days, jusqu’au jeudi 28. A l’approche du rendez-vous, Oxfam publie un rapport pointant du doigt les principales banques françaises. Selon l’ONG, les six principaux établissements bancaires de l’Hexagone continuent à financer largement les énergies fossiles.

Au total en 2016 et 2017, les six principales banques françaises ont accordé des financements pour un total de près de 43 milliards d’euros aux énergies fossiles, contre moins de 12 milliards pour les énergies renouvelables.

Sur la première marche du podium : BNP Paribas. Le groupe figurait pourtant parmi les sponsors de la Cop 21 en 2015. La banque est talonnée par le Crédit Agricole et la Société Générale complète le trio de tête.

Plus inquiétant encore pour Oxfam : de 2016 à 2017, les financements des principaux établissements bancaires au profit des énergies renouvelables ont baissé de 1,8 milliard d’euros ; ceux à destination des énergies fossiles ont augmenté d’autant.

« Il est difficile de dire pourquoi les banques ont réduit leur soutien au financement des énergies renouvelables sachant que les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives et rentables, s’indigne Alexandre Poidatz, d’Oxfam France et auteur du rapport. En plus, les banques ont pris des engagements afin de réduire leur financement vers les entreprises les plus polluantes. »

Oxfam demande donc « la réorientation des financements des banques des énergies fossiles vers les énergies renouvelables ». L’ONG demande également à ce que les banques « publient un plan de sortie des énergies fossiles. »

Investissements fossiles

Cependant, deux des banques étudiées,  le Crédit Mutuel et la Banque Postale, ont plus prêté aux énergies vertes qu’aux fossiles. Mais, leur poids est bien moindre et surtout, si on y regarde de plus près, elles ne sont pas beaucoup plus vertueuses. Car les banques soutiennent les énergies fossiles par un autre canal : celui des investissements en bourse. Pour un euro accordé sur les marchés financiers en faveur des énergies renouvelables, elles placent 8,6 euros dans les énergies fossiles.

C’est pourquoi Oxfam demande également aux banques françaises « de cesser de soutenir toutes les entreprises qui prévoient de soutenir tout nouveau projet charbon et se sont uniquement engagées à ne plus financer directement de nouveaux projets charbons, mais pas indirectement via des entreprises qui développent ce type de projet climaticide ».

Oxfam demande donc à l’Etat d’imposer aux banques davantage de transparence et à publier un calendrier de sortie des énergies fossiles. « L’Etat peut donner une impulsion aux banques, insiste Alexandre Poidatz d’Oxfam France. En particulier, nous demandons à ce que l’Etat exige des banques une transparence sur l’impact, sur le changement climatique, de leur portefeuille financier, et également d’évaluer les risques financiers liés à la détention de ces portefeuilles d’actifs ».

Photo Reuters/Charles Platiau
Article tiré de RFI  le 25 novembre 2018

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