Logements vacants – A quand la réquisition ?

Si l’accueil des évacués des taudis marseillais continue, le relogement, lui, a bien du mal à se mettre en place. Au vu de l’urgence, la réquisition des logements vacants apparaît indispensable aux yeux de certains.

Chaque soir, la mairie livre le nombre d’évacués. Et chaque soir, il augmente invariablement. On a atteint 1 282 personnes samedi. Et pour cause, le relogement a bien du mal à s’organiser. La Ville a identifié 236 logements disponibles (211 logements sociaux et 25 issus du parc privé). Mais sur les 72 ménages qui ont accepté une visite en vue d’un relogement définitif, seulement 11 ont signé un bail… « A ce rythme-là, on passera Noël à l’hôtel », soupire Sylvaine, évacuée du 38, boulevard Philippon.

Et si, pour accélérer la cadence, la Ville réquisitionnait des logements vacants ? La loi du 11 octobre 1945, renforcée en 1998 et en 2013, l’y autorise. « Ça n’a rien d’utopique », affirme Patrick Lacoste, de l’association « un centre-ville pour tous ». « Les autorités peuvent réquisitionner tout bâtiment vide depuis au moins 12 mois, qu’il appartienne à une institution ou à une personne morale », détaille Florent Houdmon, directeur de la Fondation Abbé Pierre Paca. La procédure a été utilisée pour la dernière fois en 1995 par le gouvernement… Chirac.

36 000 logements vacants

Réquisition ne veut pas dire spoliation. Le propriétaire reçoit une compensation, la mairie, elle, devient bailleur pendant une durée maximale de douze ans et les habitants payent un loyer.

Et les logements vacants ne manquent pas à Marseille, il en existerait près de 36 000 logements, selon la Fondation Abbé Pierre. Les acteurs concernés estiment que 10 000 sont inhabitables. Quant aux autres, une partie appartient à des fonds de pension, à des banques ou à des compagnies d’assurance et serait donc réquisitionnable. Le centre-ville n’en manquent pas. « Rue de la République, on compte plus de 1 000 logements vides », pointe Patrick Lacoste et d’ajouter : « il n’y a aucun obstacle à ce que la mairie les réquisitionne ».

D’autant que la préfecture a demandé, vendredi, à tous les organismes qui gèrent l’hébergement d’urgence de prioriser les sinistrés marseillais… Au détriment des sans-abri. « On le craignait. Même si la réquisition est une solution provisoire, là, elle devient indispensable vu l’urgence de la situation », s’alarme Florent Houdmon.

Marius Rivière
Article tiré de la Marseillaise  le 26 novembre 2018

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